Tunisie: Tensions dans la région sinistrée de Tataouine

Des unités de l’armée ont été déployées, dans la soirée du dimanche 21 juin 2020, dans la ville de Tataouine pour assurer la sécurité des établissements de souveraineté et un certain nombre d’entrepôts (relevant de la municipalité et de la douane …), à l’issue des affrontements violents qui ont lieu entre des jeunes manifestants et les forces de l’ordre.

Les tensions persistent dans le Sud tunisien. Depuis des semaines, des protestataires réclament des investissements publics dans la région sinistrée de Tataouine. Le mouvement, qui semblait s'essouffler, reste actif, soutenu par une colère lancinante contre le pouvoir central.

Le gouvernorat de Tataouine illustre la disparité de développement entre les régions côtières et les régions intérieures. Les taux de pauvreté et de chômage - à 30% - y sont les plus élevés du pays.

Les promesses de recrutement, en 2017, de plus de 1 500 personnes dans des sociétés d'exploitation pétrolière de la région, n'ont pas été tenues. Aussi, les protestataires réclament-ils des embauches mais aussi une véritable politique de développement.

La fermeture de la frontière, très proche avec la Libye, en raison de la pandémie, a privé de revenus les habitants dont une large part vit de petits commerces informels et de contrebande.

À présent, des dizaines de protestataires ont installé des tentes à plusieurs heures de route plein sud, dans le désert, à proximité de la vanne d'El Kamour. Ils menacent de fermer cette conduite qui relie un champ pétrolier à une station de pompage.

La sécurité du site et d'une immense partie du désert, a été confiée à l'armée. Ce corps est aujourd'hui des plus respectés par la population et le jet de cocktails Molotov sur un véhicule de l'armée, ces derniers jours, dans la ville voisine de Remada, a été très critiqué.

La légitimité de cette bataille pour le développement d'une région marginalisée risque de se heurter à une opinion qui porte en estime l'armée tunisienne pour son intransigeance neutre, ces dernières années.

Le chef du gouvernement, qui a présenté ses excuses au nom de l'Etat pour les violences policières de juin à Tataouine, pourrait se rendre dans le gouvernorat en ce mois de juillet.

Plus de: RFI

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