Congo-Kinshasa: Vers le dialogue !

Sur le pied de guerre ! La coalition FCC - CACH est simplement dans la lettre mais plus dans l'esprit. Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, les deux piliers de cette alliance, ne regardent plus dans la même direction.

A ce stade, ces deux autorités morales seraient incapables de vider la crise. La coalition FCC - CACH reposerait désormais sur leurs lieutenants qui, malheureusement, ne parviennent plus à aplanir les divergences. Jean-Marc Kabund (UDPS), défenestré du perchoir de l'Assemblée Nationale, et Vital Kamerhe (UNC), écroué à Makala, sont mis hors-jeu. Côté FCC, Célestin Tunda, pièce-maîtresse au sein du Gouvernement de la République, vient de jeter l'éponge.

En dehors des institutions, les esprits sont surchauffés. La marche de protestation pacifique du jeudi 9 juillet dernier a débouché sur un bilan macabre et d'importants dégâts matériels : 6 morts et plusieurs blessés selon l'organisateur, l'UDPS. Ce lundi 13 juillet, la plateforme Lamuka va battre macadam pour exiger un consensus, le rejet en bloc du choix de Ronsard Malonda et des propositions de lois Minaku-Sakata. Le leader Jean-Pierre Bemba annonce qu'il sera lui-même aujourd'hui dans la rue aux côtés des manifestants de Lamuka.

Quant au CLC, il annonce une manifestation de rue le dimanche 19 juillet prochain en vue d'obtenir la dissolution de l'Assemblée Nationale. Il est reproché à cette institution d'avoir entériné, de manière cavalière, la désignation de Ronsard Malonda comme successeur de Nangaa à la CENI.

Cependant, l'homme qui devait incarner la puissance publique n'est plus au-dessus de la mêlée. Il s'agit du Président de la République, Félix Tshisekedi, qui semble ne plus jouer son rôle d'arbitre au regard ses prises de positions tranchantes dans son allocution à l'occasion de 60 ans d'indépendance et lors des récents Conseils des Ministres. Certains analystes, du moins proches de l'ancien régime, pensent que le Chef de l'Etat, n'aurait pas dû se prononcer sur les propositions de lois Minaku - Sakata et l'affaire «Malonda» avant que ces dossiers n'atterrissent sur sa table. Le père de la nation a donc frustré un camp politique, celui de son partenaire Joseph Kabila.

De plus en plus, le FCC se retrouve seul contre tous. Consciente de cette stratégie de l'encerclement mise en place par ses adversaires, cette famille politique aurait décidé, à son tour, de se jeter dans la rue ce mardi 14 juillet. Le FCC est favorable à la politique isolationniste. Alors que, dans cette atmosphère polluée, le camp adverse emprunte un schéma qui vise à créer un cadre de concertation, la tenue d'un dialogue appuyé par une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Beaucoup pensent que les concertations vont affranchir Félix Tshisekedi du joug du FCC, la majorité parlementaire. Les marches et les morts seraient la facture salée de ce dialogue exigé.

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