Congo-Kinshasa: Réformes électorales - Après le PDG, l'idée d'un consensus national fait du chemin

Le Parti des démocrates pour la bonne gouvernance (PDG) avait vu juste en alertant sur un hold-up partisan à la direction de la Céni. Pour preuve, quelques personnalités politiques et sociales, toutes tendances confondues, en l'occurrence, Delly Sesanga, Henri-Thomas Lokondo, Claudel André Lubaya, viennent lui emboiter le pas.

Au fait, elles exhortent l'ensemble des dirigeants politiques et toutes les forces vives de la nation congolaise àrechercher le consensus autour du processus électoral. Cela au regard de la gravité de la situation dans laquelle la coalition au pouvoir est en train de plonger le pays et dans le but de prévenir un enchainementvers le chaos. Ces personnalités politiques et sociales estiment que ce consensus doit se faire dans le cadre d'un forum strictement limité à cette question électorale en vue de baliser la voie àun processus électoral transparent et apaisé àl'horizon 2023.

Des personnalités politiques et sociales, toutes tendances confondues, se sont réunies autour d'une table, le samedi 11 juillet, pour faire une analyse générale de la situation du pays.

De leurs cogitations est sorti un document intitulé « Le sang doit cesser de couler. La vie est sacrée. Et le Congo est notre bien commun ». À travers lequel, elles lancent un appel en faveur d'un consensus national autour des réformes électorales. Et dans leur diagnostic, elles constatent que le pays est en crise. Pour s'en convaincre, elles relèvent que la situation du pays vade mal en pis. L'intégrité du territoire est gravement menacée.

Pour elles, dix-huit mois après la mise en place des institutions issues des élections de décembre 2018 du fait de la coalition postélectorale FCC-CACH érigée en majorité parlementaire et gouvernementale, la crise sanitaire due à la pandémie de la Covid-19 a renforcé l'état de décrépitude socio-politique et socioéconomique sans précédent dans lequel se retrouve notre pays.

Passant en revue chaque secteur de la vie nationale, ces personnalités dressent un tableau peu reluisant du Congo indépendant 60 ans après.

Sur le plan politique, poursuivent ces personnalités, la coalition au pouvoir, perdue dans ses contradictions internes, s'essouffle. Cette situation plonge le pays dans une inertie qui empêche, dans la durée, tout fonctionnement optimal des institutions nationales désormais antagonistes. Les conséquences de ces contradictions d'intérêts au sein de la coalition FCC-CACH, parfaitement illustrées dans l'enlisement de l'action gouvernementale, étouffent la nation tout entière qui vit au rythme de ses guerres intestines, relèvent-elles par ailleurs.

Sept armées étrangères sur le sol congolais

Cette inefficience couplée au manque de confiance entre partenaires de la coalition au pouvoir explique les dysfonctionnements et violations des principes fondamentaux d'une démocratie et d'un État de droit. Le pays est désormais divisé sur des sujets qui devraient pourtant le rassembler, tels les cas des propositions de loi relatives à la réforme de l'appareil judiciaire et de la procédure menée à l'Assemblée nationale en vue de l'entérinement du choix du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Tout cela est révélateur de ces dysfonctionnements et de la méfiance au sein de la coalition qui dirige le pays.

Sur le plan sécuritaire, l'intégrité du territoire et l'autorité de l'État sont menacées par la présence de plus de sept armées étrangères sur le territoire et le long de nos frontières et plus de 140 groupes armés opérant dans l'Est du pays.

Entretemps, les compatriotes du Haut-Uélé, de l'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu ainsi que ceux du Tanganyika paient un lourd tribut du fait de l'inefficience totale de l'État qui suscite un sentiment d'abandon de la part des populations concernées créant ainsi des velléités séparatistes ou irrédentistes telles que l'exhibition des drapeaux inconnus dans le Sud-Kivu et le Haut-Katanga.

Sur le plan socioéconomique, les populations congolaises au pouvoir d'achat très faible, agonisent désormais sous la brusque flambée des prix, conséquence d'une inflation galopante et de la dépréciation de la monnaie nationale. Quant au chômage déjà endémique, il est amplifié àla suite de la récession provoquée par la crise sanitaire de la Covid-19, avec autant d'incertitudes autour de sa persistance qui fait craindre le pire sur le plan social.

Défaillance de l'action gouvernementale face à la Covid-19

Sur le plan sanitaire, la pandémie de la Covid-19 a révélé la défaillance de l'action gouvernementale dans le domaine de la santé publique. Malgré les énormes ressources conséquentes allouées à la riposte contre elle, le pays navigue àvue et demeure dans l'expectative quant à la gestion de cette pandémie qui, pourtant, s'inscrit dans la durée.

Face àla gravité de la situation et dans le but de prévenir un enchainement vers le chaos, les signataires exhortent l'ensemble des dirigeants politiques et toutes les forces vives de la nation àrechercher le consensus autour du processus électoral. Cela, dans le cadre d'un forum strictement limité à cette question électoraleen vue de baliser la voie àun processus électoral transparent etapaisé àl'horizon 2023, notamment avec la réforme de la CENI ; la révision de la Constitution àl'exclusion de l'article 220 et dans le respect de celui-ci. (Rétablir les deux tours de l'élection présidentielle (art, 71) ;ramener la décentralisation au niveau de territoires, villes et communes (art. 3) ; élargir la composition du Conseil supérieur de la magistrature (art. 152) ; les orientations essentielles sur la loi électorale (inclusivité et renforcement de la crédibilité du processus); l'installation du bureau de la CENI. Par ailleurs, les signataires de ce document appellent le peuple ainsi que tous les responsables politiques et sociaux àtranscender les clivages de toutes sortes. Cela, pour avancer dans cette voie de la concorde nationale et du respect des valeurs républicaines et démocratiques tant espérés depuis les lendemains de l'accession àl'indépendance.

D'autre part, ils invitent le président de la République àentreprendre, avec son gouvernement, dans le cadre de sa mission de garant du bon fonctionnement des institutions, l'initiative pour engager la communauté nationale dans la recherche de ce consensus nécessaire autour du processus électoral et des options susceptibles de favoriser la concorde nationale.

Ces personnalités politiques et sociales demandent enfin aux compatriotes, toutes les tendances politiques et sociales, de soutenir massivement cet appel en vue de préserver la paix, sauver des vies humaines, œuvrer à la promotion des institutions démocratiques et prévenir le chaos qui profile à l'horizon.

Les signataires de cette déclaration sont, entre autres, Lokondo Henri-Thomas, élude de Mbandaka ;Makengo Ngombe Matoka Charles, élu de Kinshasa (Tshangu) ; Mambidi Koloboro Jean-Marc, élu de Watsa ; Munubo Mubi Juvénal, élu de Walikale ; Muyaya Katembwe Patrick, élu de Kinshasa (Funa) ; Nsapu Paul (Société civile) ; Lubaya Claudel-André, élu de Kananga ; Mamba Jean-Jacques, élu Kinshasa (Lukunga) ; Mukoko Samba Daniel, ancien vice-Premier ministre ; Muongo Jean-Pierre, ancien DG OCPT ;NDjoli Eseng Ekeli Jacques, élu de Boende ;Sesanga Hipungu Delly, élu de Luiza.

Plus de: Le Potentiel

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