Madagascar: Andry Rajoelina - « Nous n'avons pas encore atteint le pic »

Andry Rajoelina, président de la Transition

Le président l'affirme, la région Analamanga n'en est pas encore au point culminant de la propagation du coronavirus. A l'entendre, le taux de contamination ne baissera que vers la fin du mois d'août.

Le pire reste à venir. « Nous sommes encore en plein dans la bataille. L'ennemi invisible est coriace et frappe fort », concède Andry Rajoelina, président de la République. Concernant la région Analamanga, en particulier, le chef de l'Etat a indiqué durant son intervention télévisée d'hier, «nous n'avons pas encore atteint le pic des contaminations ».

D'après le président Rajoelina, la situation sanitaire dans la région Analamanga, notamment dans la ville d'Antananarivo risque d'empirer dans les prochains jours, les prochaines semaines. Selon les dires du chef de l'Etat, la courbe de contamination de la Covid-19 ne devrait connaître une baisse que vers la fin du mois d'août. Avec plus de quatre-cent cas recensés samedi, la région Analamanga, la capitale, surtout, est l'épicentre de la maladie.

Les propos présidentiels d'hier tranchent avec l'optimisme qu'il a affirmé le 14 juin. Les mesures de confinement ont été sensiblement allégées dans les localités les plus touchées, dont la région Analamanga, tandis que le reste du pays a repris une vie quasi normale. Le chef de l'Etat, ce jour-là, a alors, soutenu que « Madagascar maîtrise l'épidémie », par rapport à d'autres grands pays et la plupart de ses voisins en Afrique.

A la télévision nationale, hier, Andry Rajoelina a éludé la question sur la maîtrise ou non de l'épidémie, au regard de la situation actuelle. Il affirme juste, que l'Etat déploie tous les efforts nécessaires pour éviter le pire. Le président de la République en appelle, également, « à la vigilance de tout un chacun », en soulignant que cette guerre sanitaire concerne tout l'ensemble de la nation et non pas juste l'Etat.

Prise en charge systématique

Le président adresse particulièrement son appel à la vigilance aux habitants de la région Analamanga. A entendre ses explications d'hier, il faudra s'attendre à une déferlante de contamination. L'augmentation de la capacité d'effectuer des tests de dépistage du coronavirus explique, en partie, le grand nombre de cas positifs publiés chaque jour. Il pourrait cependant y avoir un grand écart entre les statistiques et la réalité.

Les chiffres publiés par le Centre de Commandement Opérationnel Covid-19 (CCO), ne concernent que les personnes ayant été testées, affirme le chef de l'Etat. Cela concerne, également, les personnes décédées. « Ce n'est pas dans l'intérêt du pouvoir de manipuler les chiffres. Son rôle est de tout faire pour protéger la population contre la propagation de cette maladie », assure-t-il.

En outre, des parents d'élève s'inquiètent face à la projection du pic de l'épidémie indiquée par le président. La valse des examens officiels est annoncée pour le 1er septembre alors que la propagation du virus pourrait ne connaître un début d'accalmie que vers la fin août. « Il est nécessaire d'améliorer la méthodologie de travail », reconnaît, par ailleurs, le président Rajoelina.

Cette amélioration prévaut pour la comptabilisation des personnes contaminées, mais surtout, dans la riposte contre la maladie. Pour reprendre rapidement la main sur la situation sanitaire, le chef de l'Etat mise donc sur la prise en charge rapide des patients. Il a rappelé la mise en place des Centres de traitement Covid-19, destinés aux patients ayant des symptômes modérés, mais ne pouvant pas se soigner chez eux.

Le président met surtout l'accent sur une prise en charge systématique des patients présentant des symptômes. « Sans attendre un test de dépistage », les personnes se présentant auprès des hôpitaux ou des centres de santé et ayant des symptômes du coronavirus doivent être traités, déclare Andry Rajoelina. Le chef de l'Etat continue de miser, notamment, sur le Covid-Organics, pour gagner cette guerre sanitaire. Il indique que les essais cliniques pour déterminer le bon dosage de la version gélule, « est en cours ».

Quinze jours de plus pour le confinement

Le conseil des ministres de samedi a décrété quinze jours de plus pour l'état d'urgence sanitaire. Une décision qui prolonge de fait la durée du confinement dans la région Analamanga. « Le reconfinement total », était prévu courir jusqu'au 20 juillet. Le président Andry Rajoelina a, toutefois, annoncé que les mesures de confinement décidées, il y une semaine, dureront les quinze prochains jours.

Sur la télévision nationale, hier, le chef de l'Etat a mis l'accent sur l'interdiction de sortir ou d'entrée dans la région Analamanga, sauf pour le transport de marchandises. Il souligne, également, « l'interdiction de toute sorte de réunion, même les réunions de famille ou les anniversaires ». Une mesure que certains responsables étatiques et religieux n'ont pas scrupuleusement suivi, lors de l'organisation d'actions sociales, ou de culte télévisuel la semaine dernière.

Plus de: L'Express de Madagascar

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