Congo-Kinshasa: Gouvernement - Tunda s'en va, la tête haute

"Je pars du Gouvernement avec la conviction que mon action au sein du Ministère de la Justice, a apporté une pierre à l'édifice de la consolidation de l'Etat de droit en RDC", a déclaré Célestin Tunda ya Kasende, après avoir déposé sa démission en tant que Vice-Premier ministre, Ministre en charge de la Justice et Garde des sceaux, samedi 11 juillet 2020, auprès du chef du Gouvernement, Ilunga Ilunkamba. Il quitte le navire, certes, mais laisse sur le tableau d'affichage un bon nombre d'actions initiées et entreprises dans le cadre de la réforme du secteur de la Justice et d'innombrables projets allant dans le sens d'améliorer davantage le fonctionnement de l'appareil judiciaire congolais.

De la lutte contre la corruption à l'instauration d'un Etat de droit en passant notamment, par la dépolitisation et l'indépendance de la justice ainsi que la cybercriminalité, Tunda ya Kasende a marqué un grand pas la mission lui confiée et qui, l'on espère, va être poursuivie par son successeur.

Dès sa prise de fonctions, le lundi 9 septembre 2019, le tout premier ministre de la Justice sous l'ère Tshisekedi avait affirmé sa détermination à œuvrer pour l'émergence d'une véritable justice de proximité en RDC. Il avait, à la même occasion, déclaré la guerre contre ce qu'il a qualifié de justice-commerce, une justice au service des riches et au détriment des pauvres.

En effet, la vision du chef de l'Etat Félix Tshisekedi sur la lutte contre la corruption a eu un écho favorable tant au sein du Gouvernement que dans l'appareil judiciaire congolais.

Les corrupteurs et les corrompus se trouvant principalement dans les établissements publics et institutions du pays font désormais face à un vent nouveau.

Le défi de la corruption

Ayant fait de la lutte contre la corruption l'un des ses plus grands chantiers à la tête du ministère de la justice, Célestin Tunda avait assuré récemment par voix de presse, que l'Etat congolais a récupéré 35 millions + 2,5 millions de dollars, remboursés dans les caisses du trésor à travers l'action de la Justice.

Cependant, afin de mieux lutter contre la corruption en RDC, Tunda ya Kasende s'était véritablement mis à l'œuvre pour la matérialisation des réformes importantes dans le secteur de la justice, la brigade anti-corruption et de mettre en place, à l'instar de la France, un parquet financier en tant que juridiction qui aura, entre autres missions, de traiter les dossiers complexes concernant les infractions de lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics, le blanchiment des capitaux, la fraude à grande échelle et bien d'autres délits financiers.

A Abu-Dhabi où il représentait la RDC, Me Célestin Tunda avait révélé le souhait du Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, concernant notamment la mise en place de nouveaux mécanismes et moyens plus adaptés à la mutation du phénomène de la corruption avec des sanctions plus agressive.

Effervescence

Par ailleurs, au cours de son passage au sein du Gouvernement, l'on a eu droit à une justice en ébullition caractérisée par des auditions, détentions et condamnations notamment, celles de Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef de l'Etat, et de Fulgence Lobota Bamaros, le Directeur Général du FONER. Célestin Tunda ya Kasende avait alors fait mention de sa pierre qu'il apporte à l'édifice pour la reconstruction d'une justice fiable en RDC, une justice qui ne sombrerait dans aucune discrimination qui soit.

Quant à cette affaire opposant Vital Kamerhe à une série de Chefs d'entités, tant publiques que privées, le VPM a veillé à ce que la politisation ne soit pas au rendez-vous afin de ne pas subjectivement influencer le cours des enquêtes jusqu'au procès qui a abouti au jugement.

Pour ce qui est de la pandémie de covid-19, Tunda s'est esquinté à mettre sur pied des mesures de prévention et de lutte contre cette épidémie dans les prisons et maisons carcérales. La justice consistant au respect de la dignité humaine, il est important que la population carcérale soit protégée contre le fléau de la pandémie à coronavirus.

Ce qui a conduit à la libération de plusieurs pensionnaires de la prison centrale de Makala qui, à ce jour, fait l'objet d'un débordement alarmant du nombre de détenus par rapport à sa capacité d'accueil initiale. Une décongestion de plusieurs maisons carcérales du pays avait donc été entamée, de façon à ce qu'elles atteignent un niveau standard acceptable pour placer les prisonniers.

Face aux multiples revendications des magistrats congolais, Célestin Tunda a, là aussi, entrepris des démarches afin de trouver des solutions idoines pour l'amélioration des conditions de vie et de travail de corps de l'appareil judicaire.

Lors des Guéguerres dans les institutions provinciales, Tunda ya Kasende était bien à la manœuvre.

Au ministère de la Justice, c'était aussi une guerre enclenchée contre les antivaleurs relevant de la cybercriminalité.

Loin d'avoir entièrement accompli la tâche qui lui était assignée, mais aussi loin des débats politiciens autour de sa démission, Célestin Tunda s'en va la tête haute et avec l'idée d'avoir donné de l'impulsion au secteur qui était le sien.

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