Congo-Kinshasa: Marche anti-Malonda - Dégâts humains et matériels déplorés

Ils ont pris d'assaut, le 9 juillet dernier, les rues de plusieurs villes de la République, de milliers de combattants, membres et sympathisants de l'UDPS, des partis politiques alliés et ralliés ainsi que des associations citoyennes qui n'ont pas bien digérés l'élection et l'approbation de Ronsard Malonda comme future président de la centrale électorale (CENI).

En face, la police nationale qui tenait à faire respecter l'ordre public et l'interdiction de cette manifestation par les autorités publiques à cause de l'Etat d'urgence sanitaire. Un affrontement inévitable s'est produit dont le bilan fait état de dégâts tant humains que matériels.

Le but pour les organisateurs, c'est d'obtenir le retrait pur et simple de la Candidature de Ronsard Malonda de la présidence de la CENI. C'est l'unique vouloir des marcheurs et à Kinshasa, le point de chute était le Palais du Peuple pour y déposer un mémo de protestation. Selon les données collectées sur place, depuis les petites heures du matin, les alentours du Palais du Peuple, siège du Parlement étaient quadrillés par les éléments de la Police nationale congolaise armés jusqu'aux dents.

Le dispositif déployé prenait l'avenue des huileries, Kabinda jusqu'au boulevard triomphal pour empêcher les manifestants de s'approcher du Palais du Peuple. Malheureusement, la masse venue de toute part a failli dépasser la police. La tension était à son comble. Les foules insaisissables ont affronté la police en face avec une ténacité hors pair. Des pneus brûlés, des barricades de la police brisées, la foule en furie contre la validation de Malonda et les propositions des lois Minaku et Sakata, laissait la terreur et les traces partout où elle est passée.

Pour ne pas laisser les choses trainées au risque de se voir déborder par les marées humaines qui allaient grandissant, la police a déclenché la chasse aux manifestants dans tous les sens en tirant les gaz lacrymogènes. D'autres témoins parlent même de tirs à balle réelle sur les foules causant mort d'hommes et plusieurs blessés. On y signale aussi au titre du bilan provisoire, la destruction du temple de l'église l'Armée de l'Eternel du Pasteur Sony Kafuta, le siège de la ligue des jeunes du PPRD et le siège du Parti Travailliste du Ministre Steve Mbikayi.

Tous ces dégâts, disent plusieurs observateurs, sont évitables si les acteurs politiques congolais sans agenda caché privilégiaient la voie du dialogue pour des questions d'intérêt national. Maintenant, tous s'appuyant sur les dispositions constitutionnelles, ils se rejettent la responsabilité du dérapage de cette marche.

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