Congo-Kinshasa: Affaire Mukuna - Le juge Kibonge poursuivi pour suspicion légitime

13 Juillet 2020

L'opinion publique s'impatiente et s'interroge : à quand le verdict dans le procès qui oppose le chef spirituel de l'église Assemblée Chrétienne de Kinshasa (ACK), l'évêque Pascal Mukuna à Mme Tshibola Mamie ?

Presqu'un mois s'est écoulé depuis que l'affaire a été prise en délibéré, alors que la loi recommande un délai de 8 pour rendre un jugement ! Des sources judiciaires, Le Phare a appris que la délibération avait déjà eu lieu. Mais, qu'est-ce qui bloque pour que le verdict ne soit prononcé ?

Voilà qui justifie l'assignation en justice par les avocats de la défense du juge Kibonge qui avait la direction des débats. Autrement dit, c'est lui qui avait présidé la composition du tribunal en vue de vérifier la véracité ou des accusations portées contre Pascal Mukuna par la plaignante Mme Tshibola Mamie. On rappelle que cette dernière poursuivait le chef spirituel de l'église ACK pour plusieurs griefs, notamment viol, rétention des documents parcellaires, menaces de mort, etc.

Les audiences avaient été tenues en chambre foraine du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kalamu siégeant sur place à la prison centrale de Makala. Les plaidoiries avaient également eu lieu avec à l'affiche la comparution des témoins cités par toutes les parties. Et la délibération avait été aussi faite.

Pourquoi alors les avocats de Mukuna ont-ils décidé de poursuivre le juge Kibonge pour suspicion légitime ?

Des informations fuitées des milieux judiciaires renseignent que le juge président mis en cause aurait refusé délibérément de rendre le jugement parce que ses deux collègues de la composition s'étaient prononcés pour l'acquittement pur et simple de Pascal Mukuna, au motif que des accusations portées contre lui n'ont pas pu être prouvées.

En plus, les témoins qui ont comparu l'ont complètement déchargé, y compris ceux de la partie civile.

Cette délibération faite par la majorité des membres de la composition n'a pas arrangé le juge président qui visiblement avait un agenda caché, celui visant coûte que coûte la condamnation de l'évêque, malgré l'absence des preuves des accusations portées contre lui. Pour le magistrat Kibonge, le prévenu devait subir le sort semblable à celui réservé à Jésus Christ de Nazareth pour bien exécutéer « sa part du contrat conclu avec des officines politiques ».

On se demande comment pourra-t-il s'en sortir avec toutes les preuves de suspicion légitime dont la défense dispose ? Pour les observateurs, le juge poursuivi court le gros risque de se voir non seulement condamné mais surtout radié de la profession pour faute lourde. A analyser cette attitude d'obstination marquée par une nette réfraction au changement, que d'aucuns qualifient d'épidermique, il y a lieu de conclure que certains compatriotes auraient signé un pacte avec le diable Satan pour ne pas permettre au pays de décoller. Dom

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