Burkina Faso: Loi de finances rectificatives 2020 - Le CERA-FP recommande la prise en compte des revendications salariales des partenaires sociaux

13 Juillet 2020

L'élaboration de ce document (de 20 pages) d'analyse citoyenne du projet de budget rectificatif de l'Etat, gestion 2020 s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet "Renforcement du contrôle citoyen des politiques publiques par les OSC pour une gouvernance favorable aux populations du Burkina" selon Abdoul Y. Dembélé, président du CERA-FP.

Un projet dont la mise en œuvre a été possible grâce à un consortium de trois OSC. Notamment le Spong, Orcade et CERA-BF.

Cette analyse selon Abdoul Dembélé, vise donc à susciter le débat citoyen autour de l'examen et du vote du budget rectificatif de l'Etat ; exécuter le contrôle citoyen du budget et à faire des propositions alternatives sur les priorités, les recettes et dépenses du budget rectifié en lien avec la réalisation des droits sociaux, économiques et culturels des populations.

De l'analyse, il ressort que le contexte qui a prévalu à l'élaboration et à la mise à la soumission du projet de LFR 2020 par le gouvernement date de l'apparition en début mars des premiers cas confirmés à la Covid-19 au Burkina.

Cependant, à la lecture du projet de texte de loi de finances rectificative 2020, il ressort que la plupart des dispositions modificatives concernent la période du 1er avril au 30 juin 2020. En outre, le projet de LFR 2020 n'a été adopté par le Conseil des ministres que le 17 juin 2020, soit environ trois mois et demi plus tard.

Ce qui fait dire au CERA-FP que "cela dénote de la lenteur dans la réaction du gouvernement. Alors que l'urgence de la situation a amené le gouvernement à exécuter la plupart des décisions modificatives par décrets d'avances et arrêtés d'annulations de crédits à travers l'exercice du pouvoir de régulation du ministre en charge des Finances."

Le projet de budget rectifié de l'Etat, gestion 2020 soumis à l'Assemblée nationale pour examen et adoption est arrêté en recettes à 2.038,85 milliards FCFA et à 2.507,62 milliards FCFA en dépenses avec un déficit budgétaire de 468,778 milliards FCFA.

(Ce gap de financement sera entièrement couvert en faisant recours aux emprunts obligataires selon le gouvernement). L'option du gouvernement de faire recours aux emprunts obligataires qui est une procédure consistant à faire appel à l'épargne des entreprises et des ménages n'est pas réaliste selon le CERA-FP.

Pour le centre, les perspectives de récession économique envisagées (6,3% à 2%) pour l'année 2020 du fait de la Covid-19 ont un impact sur le chiffre d'affaires des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages.

Cette situation selon l'analyse pourrait donc entraver sérieusement l'opération de mobilisation de ressources par le gouvernement à travers le mécanisme des emprunts obligataires.

Pour le CERA-FP, il aurait été plus judicieux de contracter certaines dépenses budgétaires moins prioritaires afin de réduire considérablement le besoin de financement.

Prendre en compte des revendications salariales des partenaires sociaux

En termes de recommandations, le CERA-FP suggère l'anticipation et la diligence du gouvernement dans l'élaboration des projets de loi de finances rectificatives ; le renforcement de contrôle parlementaire des projets de LFR ; assurer une meilleure identification des bénéficiaires de la faveur fiscale concernant l'exemption de la contribution des micro-entreprises ; la contraction de certaines dépenses moins prioritaires afin de réduire considérablement le déficit budgétaire ; la prise en compte des revendications salariales des partenaires sociaux en vue d'éviter une éventuelle paralysie des services publics ; une gestion rigoureuse des ressources en faveur de la protection sociale afin qu'elle parvienne aux bénéficiaires réels avec la prise de mesures dissuasives contre les agents indélicats etc.

A La Une: Burkina Faso

Plus de: Fasozine

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.