Congo-Brazzaville: Rupture des contrats avec les sélectionneurs - Le Congo laisse encore ses plumes

Le verdict est tombé dans l'affaire opposant l'Etat congolais à Sébastien Migné. La partie congolaise devrait payer à l'ancien sélectionneur des Diables rouges la somme de 474 mille euros soit plus de 311 millions de francs cfa dans un délai de 30 jours.

La Commission de discipline de la Fédération internationale de football association (Fifa) n'a pas été tendre envers la partie congolaise. Pas du tout. Cette commission a en effet demandé au Congo de payer, dans un délai d'un mois, la totalité des impayés de salaire à l'ancien sélectionneur des Diables rouges, estimée à 20 mille euros soit plus de 13 millions de francs Cfa. Le Congo doit ajouter à cette somme 454 mille euros estimés à plus de 297 millions de francs cfa pour les frais d'indemnisation dus à la rupture de contrat sans cause.

Avec les frais de procédure estimés à 9 millions de francs cfa que la partie congolaise doit également payer à la Fifa, la valeur du montant a été revue à la hausse ( plus de 320 millions de francs cfa). Ce n'est pas tout car la somme que l'Etat congolais doit verser à Sébastien Migné, a-t-on appris, sera majorée de 5% si le Congo n'honore pas son engagement de payer la totalité de ce montant dans le délai qui lui est accordé.

Adjoint de Claude Le Roy lors de son passage chez les Diables rouges, Sébastien Migné a retrouvé l'équipe nationale du Congo comme sélectionneur le 13 mars 2017 en remplacement de son compatriote Pierre Lechantre. Il avait signé son contrat avec pour principale mission de qualifier les Diables rouges à la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations 2019. Mais, il n'était pas allé au bout de son contrat puisqu'il avait démissionné le 29 mars 2018 après avoir dirigé qu'un seul match des éliminatoires contre les Léopards de la République démocratique du Congo (1-3 à Kinshasa lors de la première journée des éliminatoires). Migné a pris le relais de Lechantre dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2018 et a aussi dirigé sur le banc des Diables rouges quelques matches amicaux dont celui de France contre la Guinée Bissau (2-0) avant de s'en aller après sa première victoire remportée sur le banc de l'équipe nationale.

« Aujourd'hui, les conditions ne semblent plus réunies pour que je puisse sereinement continuer ma mission ici au Congo. Mon honnêteté et mon intégrité m'ont fait penser qu'il était préférable de cesser notre collaboration. C'est le cœur gros que j'ai décidé de partir... J'aurais voulu participer plus longtemps à cette aventure CAN 2019 mais malheureusement c'est impossible », avait t-il indiqué dans la lettre adressée à ses joueurs. La partie congolaise avait justifié que la résiliation du contrat du technicien français était entachée d'un vice de forme puisqu'elle s'était faite selon les dirigeants congolais, au mépris de l'article 10 alinéa 2 du contrat à durée indéterminée. « Le contrat ne peut être résilié que dans les cas suivants : l'accord des deux parties, la faute lourde imputable à l'une des parties et cas de force majeure. »

Malheureusement dans le procès, la partie congolaise n'a pas eu gain de cause. Migné a gagné comme ses prédécesseurs. Visiblement, le Congo n'a donc pas appris de ses erreurs du passé. Récemment, pour rupture abusive des contrats des anciens sélectionneurs Christian Letard (2004-2005) et Noel Tosi (2005-2006), il a été contraint par le Tribunal arbitral du Sport de payer d'énormes sommes pour échapper à une éventuelle suspension de toutes les compétitions internationales. « Le comité exécutif de la Fédération congolaise de football (Fecofoot) a été informé du verdict de la Commission de discipline de la Fifa dans l'affaire opposant l'Etat congolais à l'entraîneur Sébastien Migné. Il ressort de celui-ci que le Congo devra payer à Sebastien Migné la totalité de ses impayés de salaires pour rupture de contrat sans juste cause et ce, dans un delai de 30 jours », peut- on lire dans le communiqué final du comité exécutif de la Fecofoot.

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