Maroc: Le CMC s'interroge sur les inflexions stratégiques à adopter après la pandémie

«La virulence de l'épidémie et la rapidité de sa propagation de par le monde ont dévoilé les défaillances des systèmes de santé et la carence des dispositifs de protection collective dans de nombreux pays, y compris les mieux lotis », souligne le Centre marocain de conjoncture (CMC) dans sa dernière publication mensuelle « Maroc Conjoncture » (n° 326).

En dépit des risques encourus au plan sanitaire, le CMC note toutefois que « le Maroc a fait preuve d'une grande réactivité qui s'est illustrée sur plusieurs fronts, simultanément ».

Mais quand bien même elles ont agi avec promptitude et efficacité, force est de constater que « les autorités se sont trouvées subitement confrontées à des difficultés majeures dans la gestion de la crise dans sa triple dimension : sanitaire, économique et sociale », constate l'Observatoire privé dans ce spécial consacré à la relance de l'économie après la crise sanitaire.

Pour le CMC, il ne fait donc aucun doute que la crise induite par la pandémie a montré « l'impérieuse nécessité d'œuvrer à l'avenir au développement des capacités de résilience de l'économie et la société face aux chocs de toute nature dans le cadre d'une stratégie globale couvrant de multiples axes de la sphère économique et sociale ».

Après le choc de la pandémie, l'heure serait donc à des inflexions stratégiques face à la crise dont on a pu apprécier ces trois derniers mois les répercussions sur les plans économique et social, relève le CMC dans l'un des principaux axes de sa dernière publication, « Après le choc de la pandémie : Quelles inflexions stratégiques ? ».

Si le gouvernement assure explicitement accorder une priorité aux secteurs sociaux dans le projet de loi de Finances 2020, le CMC estime qu'« elle est appelée à être entérinée dans la loi de Finances rectificative imposée par la pandémie du Covid-19, eu égard à la propagation sans limite de ses nuisances ». Une priorité qui sera finalement confirmée à travers deux axes : « La poursuite du soutien aux politiques sociales » et « La réduction des disparités sociales et spatiales et la mise en place des mécanismes de protection sociale ».

Poursuivant son analyse sur cette fois-ci « Les priorités des secteurs sociaux : santé, éducation et emploi... », l'Observatoire rappelle à ce propos que dans sa déclaration de soutenir les politiques sociales, l'Exécutif a mis en exergue la nécessité de promouvoir les secteurs fondamentaux tels que la santé, l'éducation et l'emploi...

Comme le relève fort bien le Centre dans ce spécial, « il s'agit de garantir, aux citoyens, un accès à un service de santé convenable, à travers l'exécution du plan de santé 2025, qui a pour ambition d'élargir l'offre de soins hospitaliers et de renforcer les programmes de prévention et de lutte contre les maladies ».

Ainsi, en ce qui concerne l'éducation, le CMC explique que les actions à entreprendre reposent sur la mise en œuvre factuelle de la loi-cadre relative à la réforme du système d'éducation et de formation.

Pour le Centre, cette option est « d'autant plus cruciale qu'elle constitue le socle de toute initiative visant à réduire les disparités et fournir les éléments constitutifs du principe d'égalité ».

Selon l'Observatoire privé, la proposition est à entreprendre sur la base de l'application d'une feuille de route à objectifs multiples. A savoir : « La modernisation des curricula à travers la formation par alternance et la formation par apprentissage, la création de cités régionales des compétences des métiers et la promotion de l'esprit d'entrepreneuriat, particulièrement au profit des jeunes actifs du secteur informel... », précise-t-il.

Dans ce spécial, le CMC aborde aussi la question de la refonte de la santé. Ainsi, au niveau international, le CMC constate qu'à l'issue d'une réunion organisée en mars dernier, les dirigeants de la Banque mondiale et du FMI n'ont pu s'empêcher de confesser que « l'épidémie du Coronavirus rappelle combien il est nécessaire de renforcer les systèmes de santé».

Dans cet axe, si l'urgence est à la lutte contre la contagion, le Centre note que la priorité doit être accordée à la prévention et à la réduction des pertes humaines. Pour l'Observatoire, « l'action est dans la limitation de la transmission entre le genre humain, le recensement, l'isolement, les soins et la diminution de la diffusion de la maladie au sein des collectivités », souligne-t-il estimant que ce sont là les prérequis de minimisation de l'impact social et économique du fléau.

Cependant, le CMC estime qu'à terme, ces mesures immédiates doivent être confortées par des investissements pour garantir une résilience sanitaire. « Des investissements qui seraient justifiés tant par le plaidoyer en faveur de la santé que par les exigences de rentabilité économique », souligne-t-il.

Pour l'Observatoire, « si l'expansion de la pandémie s'amplifie outre mesure, elle ne manquera pas de produire comme corollaire une urgence économique qui précipiterait le monde dans une récession aux conséquences dramatiques sur les nations et leurs populations ».

Dans un tout autre axe, consacré à l'« Economie mondiale : Quel rythme pour la reprise ? », le CMC prévient que « si le déconfinement amorcé s'accompagne des premiers signes d'une reprise économique, une question importante a trait au rythme de celle-ci, d'autant que le risque d'une seconde vague d'infections et de réinstauration des restrictions levées n'est pas écarté ».

A noter qu'en plus de toutes ces questions, le Centre braque également les projecteurs sur la « Mortalité des entreprises : Des signes annonciateurs d'aggravation en 2020-2021 ».

A ce propos, il s'interroge si la courbe de la mortalité des entreprises marocaines, qui était située sur un trend haussier depuis 2009, va connaître une explosion compte tenu du contexte de la pandémie. L'occasion pour ses analystes de décrypter les signes annonciateurs d'une aggravation de la situation en 2020-2021.

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