Madagascar: Antananarivo tourne au ralenti

13 Juillet 2020

La capitale de Madagascar repart pour deux semaines de confinement, alors que la Covid-19 continue à progresser.

Depuis le début de l'épidémie, Madagascar a enregistré plus de 4.000 cas de coronavirus. A Antanarivo, la décision de reconfiner la population avait été prise le 6 juillet.

Mais selon le président malgache, qui s'est exprimé ce dimanche (12.07.20), le pic de contaminations n'a pas encore été atteint. Ainsi, la capitale devra encore prendre son mal en patience puisque le confinement est prolongé pour au moins deux semaines.

Seuls les services considérés comme essentiels, comme les pharmacies, banques, ou encore l'approvisionnement en eau et en électricité restent ouverts. Les grandes surfaces ont le droit de mener leurs activités par demi-journée seulement.

Comme toute capitale habituée au rythme effréné du monde des affaires et du commerce, Antananarivo continuera donc à tourner au ralenti.

Les forces de l'ordre contribuent au suivi et au contrôle de toutes les artères de la ville, jusque dans les ruelles des quartiers afin que les citoyens respectent ces mesures.

Un confinement difficile à imposer

Pour Honoré, un habitant de la ville, il faut renforcer les mesures d'accompagnement :

"Le confinement est une bonne chose. Mais comme l'Etat a tout fermé alors que la population meurt de faim, je me dis que c'est bien pour l'Etat, mais ce n'est pas bien pour la population. J'espère surtout que l'Etat va aider la population."

Pour Laza, étudiant, il faut changer de stratégie :

"A Madagascar nous n'avons pas les moyens de faire un confinement. On devrait distribuer les tests et ceux qui sont malades restent chez eux avec les mesures adéquates. Je pense que c'est l'idéal à faire."

Les récalcitrants sont quand même nombreux constate le garagiste Velo, qui ne sort que pour faire le marché :

"Ce qu'on voit partout dans Antananarivo, c'est que presque personne ne respecte les gestes barrières. Il y a trop de laxisme."

Pas de clients

Le trafic routier dans la ville est règlementé. Les voitures des particuliers ne peuvent circuler qu'à une heure déterminée. Les transports en commun sont à l'arrêt. Seuls les taxis peuvent assurer le service de transport. Mais, certains chauffeurs comme Rado, ne cachent pas leur agacement :

"Ça ne change rien puisqu'il n'y pas de clients, parce que tous les gens sont restés à la maison. Et hier par exemple, on a perdu beaucoup trop de temps pour nous désinfecter. Nous étions là-bas à 9 heures du matin jusqu'à 15 heures, donc on n'a pas pu travailler. On trouve maximum deux clients par jour. Des fois nous ne gagnons rien."

Le reconfinement commence cependant à porter ses fruits, selon Naina Andriantsitohaina, maire de la capitale :

"Cela crée des pressions aussi bien sociales qu'économiques, mais les résultats que l'on a vu ces derniers jours sur le nombre de guérisons est impressionnant et on espère que le reconfinement va permettre de stabiliser le nombre de contaminés."

Plusieurs centres de traitement de la Covid-19 doivent être installés dans la capitale.

Plus de: DW

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