Madagascar: TGV-Extérieur - « La restructuration de l'économie nationale s'impose »

interview

Selon François-Lévy Dawidson, le nouveau président de cette association

Le TGV-Extérieur est une association régie par la loi 1901 en France. Créée en 28 mars 2011, elle représente le Parti fondé par le Président Andry Rajoelina et coordonne les actions des bureaux des TGV à l'extérieur de Madagascar. Il est maintenant dirigé par François-Lévy Dawidson, un professeur agrégé de mathématiques. Il nous livre ses opinions concernant la relance de l'économie nationale. Interview.

Quelle est la priorité de TGV-Extérieur ?

La priorité du TGV-Extérieur, c'est de mobiliser le potentiel de la diaspora, notamment les intellectuels malgaches résidant à l'étranger, afin de contribuer au développement du pays. En effet, la défaillance systémique et récurrente ainsi que les difficultés de mobilisation des ressources à Madagascar, sont profondément liées au problème organisationnel et culturel. Le problème est culturel dans le sens où la rationalisation des normes et des procédures de décision est encore très loin de se mettre en place dans le pays. A titre d'illustration, il n'est pas rare de constater que nous prenons pour réalité ce que nous croyons vrai par le dire des autres ou par la tradition. L'esprit analytique et critique au sens de doute méthodique a du mal à se développer. Les fausses informations et les assertions des fanatiques et des beaux-parleurs conduisent également l'ensemble des actions vers une frustration qui paralyse l'enthousiasme et la confiance de la population. Le régime actuel à l'instar des précédents régimes en sont des victimes. Par la rationalisation, nous pouvons espérer un mécanisme qui nous conduira vers une société plus juste et plus transparente, plus humaniste et plus stable. L'association TGV-Extérieur prévoit ainsi d'agir pour la rationalisation. C'est d'ailleurs le fondement du principe du Droit.

Pouvez-vous donner des exemples concrets de ces problèmes de rationalisation ?

La rationalité des actions se définit d'une manière générale par l'existence d'une procédure qui retrace toutes les étapes d'une réalité (hypothèses) vers un objectif. Comme première illustration, je vais aborder l'organisation monétaire et financière. Tout d'abord, le système monétaire et financier malgache est très rudimentaire et archaïque. L'industrialisation de la finance est nécessaire pour développer un pays. L'industrialisation s'entend ici par la verticalisation de la structure et par la capacité à créer des produits financiers adaptés aux besoins des investissements ou pour la gestion de fonds. La création monétaire et la gestion des instruments monétaires et financiers ne doivent pas être définies par rapport à un but politique (à l'approche d'une élection), ou pour répondre aux besoins de quelques acteurs privilégiés. La rationalisation doit se faire, au moins par l'existence d'une procédure d'implémentation optimale. D'ailleurs, le "plan Marshall" annoncé par le Président pourrait passer par une restructuration monétaire et financière.

Un deuxième exemple de la non-rationalité c'est la procédure des recrutements à Madagascar. C'est un fait que nous constatons quotidiennement.

Qu'est-ce que vous suggérez alors pour relancer l'économie après cette crise sanitaire ?

Vu le contexte actuel et les chocs mondiaux générés par la pandémie Covid-19, nous soutenons le "plan Marshall" initié par le Président Andry Rajoelina. Cela contribuera à la relance de l'économie nationale. La restructuration de l'économie, du système juridique, des institutions monétaires et financières et du système éducatif s'impose également. En effet, des crises humanitaires plus graves que cette crise sanitaire occasionnée par l'épidémie de Covid-19 nous attendent encore.

Pouvez-vous développer davantage cette restructuration de l'économie nationale ?

C'est réparti en trois axes. Le premier consiste en la restructuration monétaire et financière par la création d'une banque d'investissement et la création de marché financier dont une institution financière qui gère spécialement les titres dédiés. Elle est nécessaire pour accompagner le 2e axe qu'est la mobilisation générale. Celle-ci doit être accompagnée d'un système financier adéquat, tel que le marché des titres dédiés. L'Etat doit ainsi mobiliser toutes les ressources à sa disposition pour la production en priorité des produits vivriers et par la suite la création d'habitations et la construction des routes/chemins de fer.

L'habitation, espace de vie vital, est dans un état déplorable pour une grande partie des Malgaches. Cette situation est à la fois une pauvreté et source d'inefficacité sur tous les plans, soit économique, intellectuel, humanitaire, etc. Et enfin, le 3e axe évoque les réformes sur le principe du droit et du système éducatif. Le système de sanction par destruction (emprisonnement) n'est ni efficace sur le plan économique, ni réparateur sur le plan social. Le mécanisme d'attribution et de privation de droit doit être également repensé.

Il en est de même pour notre système éducatif qui hérite encore le système hérité de la colonisation et actuellement désuet et non productif. On ne parle pas seulement ici de la refonte des programmes scolaires ainsi que de l'organisation des écoles. Il s'agit de repenser sur le fondement même des valeurs sur lesquelles le système éducatif puise son sens. Entre autres, la rationalisation de la langue malgache et la vulgarisation de l'histoire de Madagascar s'avèrent nécessaires.

Plus de: Midi Madagasikara

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