Congo-Brazzaville: Mbandaka et Butembo - Olpa exige des sanctions après les mauvais traitements infligés aux journalistes

L'organisation déplore cette action ciblée contre des professionnels des médias, lors de la manifestation contre le choix de Ronsard Malonda à la présidence de la centrale électorale. Elle attend une action de la part du ministre chargé de l'Intérieur et de la Sécurité.

L'organisation libre de promotion et défense de la liberté de la presse, Observatoire de la liberté de la presse en Afrique (Olpa), exhorte le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité et affaires coutumières à « instruire les services pour l'ouverture des actions disciplinaires à l'encontre des agents de police qui ont ciblé délibérément les journalistes à Mbandaka (Equateur) et à Butembo (Nord-Kivu), lors d'un rassemblement contre la désignation de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ».

Dans une correspondance adressée à ce membre du gouvernement et signée par la secrétaire exécutive par intérim de l'Olpa, Chancelle Nsingi Bamenga, la chargée d'administrration au sein de cette organisation, Nancy Zombo Lisolo, dont copie a été réservée au Premier ministre, l'organisation a vigoureusement protesté contre les mauvais traitements subis par plusieurs journalistes dans ces deux provinces où la police tentait d'empêcher les journalistes d'effectuer leur reportage sur le rassemblement organisé par les militants de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Mbandaka), parti politique dont est issu le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. « Il est inadmissible que des professionnels de la presse en plein exercice de leur travail puissent faire l'objet de mauvais traitements par ceux qui sont censés protéger les personnes et leurs biens. Ces actes sont de nature à porter gravement atteinte au droit d'informer et d'être informé garanti par la législation congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme dûment ratifiés par la République démocratique du Congo », a fait savoir Olpa.

Une action ciblée contre les journalistes

L'organisation note que plusieurs journalistes s'en sont sortis avec des lésions corporelles et leurs effets confisqués (dictaphones, téléphones et argent). Jordan Ituta a été conduit manu militari au bureau du commandement de la ville où il a été relaxé après une demi-heure de privation de liberté. Dans son monitoring, l'Olpa indique que Chançard Lofalo, Christophe Bomboko, Dieu-Merci Boluka, Jordan Ituta, Kadhafi Tsikala, Roger Mulumba et Serge Nkumu respectivement journalistes aux stations de radio Bondeko, Equateur radio, Liberté FM, Libérale FM, Catholique Mwinda, Mambenga, toutes émettant à Mbandaka, chef-lieu de la province d'Equateur, ont été sérieusement molestés, le 9 juillet, par les éléments de la PNC/Mbandaka, sur ordre du colonel Guylain Nwembo de l'inspection provinciale de la police de Mbandaka, agissant à son tour sur ordre du maire de la ville, Didi Edada. «Serge Nkumu, correspondant provincial de l'Agence congolaise de presse /Mbandaka, n'a pas été aussi épargné par cette brutalité policière», a souligné cette organisation.

A en croire l'organisation, à Butembo, ville située à 300 km de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, Grâce Kombi, journaliste à Radio Télé Grands lacs a été brutalisé par les éléments de la PNC/Butembo, alors qu'il effectuait aussi son reportage sur une altercation entre policiers et partisans de l'UDPS/Butembo pour les mêmes revendications. Se disant persuadé qu'aucun effort ne sera ménagé dans le chef du ministre « pour décourager ces pratiques liberticides qui ont jadis terni l'image de marque des forces de défense et de sécurité, et qui risquent de menacer aussi la liberté de presse, un des piliers de la jeune démocratie congolaise », le comité exécutif de l'Olpa attend de ce membre du gouvernement central d'instruire ses services pour l'ouverture des actions disciplinaires et éventuellement pénales à l'encontre des agents de police qui ont ciblé délibérément les journalistes afin de les empêcher de travailler paisiblement et conformément à la loi.

Cette manifestation interdite par le gouvernement central, rappelle l'Olpa, avait pour but de s'opposer à la désignation et l'éventuelle investiture de Ronsard Malonda à la tête de la centrale électorale. Il est également rappelé que le chef de l'Etat avait, lors d'une réunion du Conseil des ministres, déploré certaines décisions liberticides prises par des autorités provinciales, parmi lesquelles la fermeture des médias, l'incarcération des journalistes et l'interdiction d'exercer leur profession. Félix Tshisekedi avait enjoint la ministre chargé des Droits humains à demander à ces responsables provinciaux de reporter leurs décisions. Et le ministre André Lite Asedea a clairement menacé les récalcitrants des poursuites judiciaires.

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