Sénégal: Le sexagénaire terrorise sa mère de 83 ans

13 Juillet 2020

Agé de 60 ans, S. F. n'a trouvé rien de mieux que de mener la vie dure à sa mère de 83 ans. Jugé vendredi dernier en audience des flagrants délits de Dakar, il a été condamné à six mois assortis de sursis.

«Vous êtes poursuivi pour menace de mort verbal, violence et voies de faits contre Nd. S. Bâ et dommages à la propriété d'autrui, notamment un tableau d'art et un téléphone».

Lorsque le juge a fini de notifier les préventions à S. Sall, ce dernier s'est empressé de lui rétorquer : «C'est totalement faux». Poursuivant, il a demandé au prévenu qui comparaissait devant le tribunal des flagrants délits de Dakar qui est Nd. S. Bâ.

«C'était ma mère», a-t-il répondu d'un ton sec, surprenant la salle. «Comment pouvez-vous parler ainsi de votre mère ?» À ces interrogations du président, l'ancien militaire âgé de 60 ans rétorque qu'une mère n'envoie jamais son enfant en prison.

Nonobstant qu'il ait une dent contre celle qui l'a mis au monde, le prévenu a nié l'avoir menacée. Toutefois, il a désigné son jeune frère comme étant le nœud du problème. «Il est le benjamin et le chouchou de notre mère.

Je reconnais lui avoir causé des dommages, mais je n'ai jamais détenu une arme», n'avait cessé de clamer le prévenu. Étant donné qu'il persistait dans ses dénégations, le tribunal avait renvoyé le dossier à vendredi pour la comparution de la mère et de son jeune frère.

Ces derniers ne se sont pas toujours présentés et S. Sall a continué à réfuter les accusations de sa mère. «Mon frère est à la base de tout. Agé de 44 ans, le jeune homme non seulement refuse de travailler, mais passe tout son temps à boire. C'est le protégé de notre mère», n'a cessé de répéter le prévenu.

Acculé par le juge, il a fini par avouer qu'il a lancé une bassine à sa mère octogénaire. «Je l'ai fait sous le coup de la colère. Aussi, je regrette également d'avoir endommagé les affaires de mon frère. Il a volé mon téléphone que je venais d'acheter 10 jours auparavant», s'est-il dédouané.

Et le juge de lui faire savoir que sa mère âgée a soutenu dans sa déposition que depuis son retour d'Europe en 2011, tous ses autres enfants ont quitté la maison à cause de son comportement. Une thèse confortée par Me Bâ, conseil et nièce de la partie.

«Lui, c'est mon cousin. Sa mère est ma tante. Ce sont toujours des menaces qu'elle subit de la part d'un fils qui est dans une maison où sa mère fait tout. Ma tante ne réclame rien, elle a besoin de vivre en paix mais elle veut que son fils sorte d'ici», a-t-elle demandé.

Le conseil du prévenu Me Ndiaga Dabo a reproché au parquet d'avoir requis une peine ferme de deux mois alors que les parties sont dans une logique d'apaisement. Heureusement, le tribunal, après avoir déclaré S. F. coupable, l'a condamné six mois avec sursis.

Plus de: Le Soleil

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