Burkina Faso: Investiture de Roch Marc Christian Kabore à la présidentielle de 2020 - La bataille peut commencer

13 Juillet 2020

Plusieurs milliers de militants se sont massés samedi dernier à l'intérieur de l'une des plus grandes enceintes sportives de Ouagadougou, pour assister à la cérémonie d'investiture hautement riche en couleurs, du candidat du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir), Roch Marc Christian Kaboré.

A la tribune installée pour la circonstance dans le stade omnisports de Ouaga 2000, l'heure n'était pas à l'expression des doutes ou des peurs du lendemain, mais plutôt à l'affichage d'une confiance sans limite.

Ce fut l'occasion pour le président du parti, Simon Compaoré, de procéder à une célébration chiffrée et sans nuance, du bilan de Roch Kaboré à la tête du pays, avec un usage surabondant de superlatifs pour qualifier les actions de ce dernier, conformément aux engagements qu'il a pris en 2015 et auxquels il est resté solidement attaché, du moins si l'on en croit le très volubile président du MPP.

Simon Compaoré a aussi opportunément rappelé que malgré le contexte défavorable où certains de nos compatriotes ont embrassé le joug de la radicalisation et de l'extrémisme violent, le parti au pouvoir et sa tête de gondole ont posé les jalons de notre décollage économique et du bien-être dans notre pays.

Certes, il faudra concéder aux « Orangers » qu'en ces temps de zizanies obscurantistes semées par des groupes armés fanatisés qui ont affreusement balafré le socle de notre développement qu'est la cohésion sociale, il est quasiment impossible que tout aille bien dans le meilleur des mondes possibles et imaginables.

Malgré tout, notre pays a pris, c'est le moins qu'on puisse dire, un nouveau départ depuis 2015, notamment dans les domaines de l'énergie, des infrastructures et de la santé.

Un bilan donc globalement défendable, selon les congressistes du week-end dernier, qui permettra à leur candidat de l'emporter sans coup férir en novembre prochain, face à des challengers qui, selon eux, seraient incapables de proposer des projets de société alternatifs.

Il ne semble pas y avoir péril en la demeure

Pour l'opposition et une partie de l'opinion publique, par contre, il faut être de mauvaise foi ou faire preuve d'une hérésie mentale pour dresser un bilan aussi élogieux dans un pays où l'insécurité et la cherté de la vie sont les denrées les mieux partagées. C'est Laurent-Pierre de Jussieu qui enseignait que « pour que votre travail soit bon, il faut que votre ardeur et votre constance soient vraies  ».

Or, le candidat qui a été investi en grande pompe samedi dernier, a manqué de constance, notamment dans la promesse qu'il a faite de ne céder aucun centimètre du territoire national, quoi qu'il arrive.

Malheureusement, sur ce point précis de la lutte contre l'insécurité sous toutes ses formes, certains Burkinabè et pas seulement les opposants politiques, estiment que c'est plutôt un président complaisant voire laxiste qu'il nous a été donné de voir, et il traînera certainement cette image comme un boulet, à la prochaine présidentielle.

En tout état de cause, on peut dire que le plus dur reste à venir pour le président-candidat avec ce quinquennat au bilan mitigé, et une probable guerre de positionnement des candidats de son parti aux législatives, au cours de laquelle le choc des ambitions va remettre sur le tapis les intrigues et les mesquineries de caniveaux dont les hommes politiques sont spécialistes.

Pour autant, il ne semble pas y avoir péril en la demeure et le président du MPP, le candidat Kaboré ainsi que leurs militants sont d'autant plus confiants qu'ils ont reçu un renfort de taille : celui de la quarantaine de formations politiques regroupées au sein de l'Alliance des partis de la majorité présidentielle représentée au congrès d'investiture par le sankariste et vice-président de l'Assemblée nationale, Maître Bénéwende Stanislas Sankara.

Plus de: Le Pays

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