Congo-Kinshasa: Evaluation !

La désignation controversée de Ronsard Malonda comme digne successeur de Nangaa à la tête de la CENI, a suscité un tollé général dans les chefs de certaines composantes politiques et sociales de la RDC. Tenez ! Après l'indignation de l'Eglise catholique manifestée ouvertement par le Cardinal Fridolin Ambongo qui crie à la corruption, l'Eglise du Christ au Congo, elle aussi, conduite par le Révérend Pasteur Bokundoa, n'est pas allée par quatre chemins pour s'opposer à ce choix qui, à ses yeux, ne relève pas d'un consensus entre les confessions religieuses.

Ainsi, en dépit des marches pacifiques de l'UDPS survenues jeudi 9 juillet dernier et celles de Lamuka tenues hier, dans la capitale Kinshasa, les appels se multiplient pour un large consensus national sur les réformes électorales à entreprendre avant d'aborder l'étape ultime de choix de nouveaux animateurs de la CENI. Le FCC, majoritairement au parlement, ne l'entend point de cette oreille. C'est ici que les romains s'en poignèrent.

Cette question de la CENI n'a pas fini de diviser la coalition gouvernementale allant jusqu'au point de la mettre au bord de l'éclatement. Une rencontre Tshisekedi-Kabila au sortir d'une évaluation efficiente entre les deux hommes, ne serait-elle pas une nécessité ? « L'heure a sonné pour l'évaluation de la coalition FCC-CACH », lancent plusieurs protagonistes politiques assoiffés du changement.

Au stade actuel, la méfiance s'est installée entre les partenaires politiques du FCC-CACH. Et celle-ci menace la quiétude de la République. La destitution précipitée de Kabund au niveau du Bureau de l'Assemblée nationale, la démission de Tunda ya Kasende du gouvernement exigée par le Président Félix Tshisekedi, la cacophonie au sein de la Cour Constitutionnelle pourtant dernier rempart de la RDC sur la vraie-fausse démission de son Président Benoît Lwamba, ajoutant en cela la crise économique persistante caractérisée par la perte de valeur du Franc Congolais face au roi dollar américain, la crise sanitaire et sécuritaire, bref, la RDC qui vient de totaliser 60 ans après son indépendance va malencontreusement de mal en pis.

Il n'y a aucun doute. Le pouvoir pour le pouvoir n'a pas su profiter au petit peuple qui n'a besoin que du pain et de la paix durable. Plus d'une année après l'officialisation de la Coalition FCC-CACH, neuf mois après l'installation du Gouvernement éléphantesque de Sylvestre Ilunga Ilunkamba, la RDC aura ainsi marché en titubant dans plusieurs domaines de sa vie. Beaucoup commencent peu à peu à préconiser le chemin de la concertation nationale ou d'un dialogue inclusif devant ramener tous les leaders politiques et sociaux sur une même table afin de réfléchir sur des pistes de solutions dans le seul souci de redresser la Nation congolaise. 60 ans, le Congo démocratique n'aura fait que vieillir sans grandir. Une évaluation approfondie au-delà de tous ces dysfonctionnements enregistrés jusqu'ici sera donc la bienvenue.

Plus de: La Prospérité

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