Sénégal: Les marchés fermés - La pénurie s'installe

14 Juillet 2020

A cause de la fermeture des marchés hebdomadaires liée à la pandémie de la covid-19, une menace d'insécurité alimentaire se pose au Sénégal.

C'est la conclusion d'une enquête sur les impacts de la covid-19 sur la sécurité alimentaire au Sénégal menée par l'Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev Africa) et dont nous avons reçu les résultats hier, lundi 13 juillet. Pour ainsi faire face aux effets de la covid-19, le Cicodev a fait des recommandations à l'Etat du Sénégal.

Après la Fao, c'est au tour de l'Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev Africa) d'annoncer une insécurité alimentaire au Sénégal en raison de la fermeture des marchés hebdomadaires liée à la pandémie de la covid-19.

Les résultats de son enquête sur les impacts de la covid-19 sur la sécurité alimentaire au Sénégal rendus publics hier, lundi 13 juillet, révèlent que «la vie économique de certaines régions est marquée par les échanges économiques au sein des marchés quotidiens, hebdomadaires (louma) ou supermarchés».

«La fermeture de ces marchés hebdomadaires, aujourd'hui rouverts avec les mesures d'assouplissement dans les différentes régions du pays, a eu des impacts non négligeables dans l'approvisionnement en denrées alimentaires des populations avec une flambée des prix, une rareté des produits agricoles, animales et végétales, une inaccessibilité et une indisponibilité des produits de qualité couplées à des problèmes de stockage», a indiqué l'enquête menée au mois de mai dernier dans les 14 régions du pays.

« L'enquête menée par Cicodev révèle à suffisance qu'il existe de réelles menaces d'insécurité alimentaire qui peuvent engendrer un affaissement de l'économie nationale.

Son objet s'inscrit en droite ligne de notre mission de générer des connaissances sur les impacts des choix et modèles des citoyens et d'informer, de défendre, de protéger, d'éduquer et de représenter les consommateurs, avec un accent particulier sur les droits des plus défavorisés», a déclaré le Directeur exécutif de Cicodev, Amadou Kanouté.

PROBLEMES DE CONSERVATION ET SOLUTIONS D'ADAPTATION

Selon Cicodev, les menaces immédiates des mesures de confinement ont également eu un impact sur la sécurité alimentaire à cause de la restriction de l'accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes, diverses et nutritives.

«Les obstacles rencontrés par les producteurs sont essentiellement liés à la conservation des produits périssables, une situation difficile du fait de l'absence de centres de stockage dans certaines régions et des difficultés d'accès au crédit dans les banques», souligne-t-il.

Face à ces difficultés, des solutions d'adaptation, d'innovation dans la chaîne d'approvisionnement en nourriture sont mises en place.

«Dans les localités de Fatick, Kébémer, Tambacounda et Ziguinchor, les populations s'organisent pour s'approvisionner lorsque les légumes ou poissons sont à bon prix. Certains achètent et stockent des grandes quantités de produits alimentaires (riz, sucre, lait, dattes, œufs... ) afin de prévenir les ruptures de stock.

Tandis que d'autres s'approvisionnement en denrées périssables pour ensuite les mettre au frais à côté du canari ou chez les voisins qui possèdent des réfrigérateurs.

La livraison à domicile à travers internet ou par téléphone fait également partie des mécanismes de résilience notés dans certaines localités.

Un système de circuit court qui est en plein essor dans plusieurs capitales régionales comme Kédougou du fait de l'accessibilité à internet, la facilité des opérations et la sécurité des transactions», indique le communiqué.

Pour mieux faire face aux effets de la pandémie, l'Institut Panafricain pour la Citoyenneté, les Consommateurs et le Développement exhorte ainsi l'État du Sénégal à «mettre en place des stocks de sécurité pour garantir la disponibilité permanente des produits alimentaires sains et nutritifs de première nécessité à un coût acceptable pour les consommateurs les plus démunis», à «réduire autant que possible la dépendance du marché et surtout extérieur pour assurer la sécurité alimentaire de ses citoyens» et à «favoriser l'émergence de systèmes alimentaires (production, transformation, distribution, stockage, consommation, gestion des déchets) plus durables, plus résilients et plus favorables aux exploitations familiales locales».

LOUMA DE DIAOBE : Environ 5 milliards de manque à gagne

«À l'image des Louma de Kolda qui polarisent plus de 60 villages environnants avec plus de 600 tonnes de riz, plus de 300 tonnes de céréales et plus de 800 tonnes de légumes vendus par mois, la région renferme le plus grand marché hebdomadaire de l'Afrique de l'Ouest : le «Louma de Diaobé» avec un chiffre d'affaire de 700 000 000 FCFA par semaine.

La fermeture du marché de Diaobé pendant 8 semaines a entrainé un manque à gagner estimé à environ 5 milliards de FCFA», a révélé l'enquête sur les impacts de la covid-19 sur la sécurité alimentaire au Sénégal de Cicodev

Plus de: Sud Quotidien

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