Sénégal: Centre de traitement de Ziguinchor - Plus de 04 mois de factures de primes impayées par l'état

14 Juillet 2020

L'État face à ses dettes... C'est l'énième revendication de primes non payées par le gouvernement. Cette fois ci, ce sont des agents paramédicaux des centres de traitement de Ziguinchor qui laissent entendre leur ras-le-bol face au mutisme de l'État qui doit « plus de 04 mois de primes » à ces agents de santé.

C'est encore une nouvelle histoire de primes non payées par l'État qui émerge en plein combat contre Covid-19.

Après les étudiants doctorants en médecine désavoués finalement par le ministère de la Santé et de l'action sociale, c'est au tour des agents paramédicaux du centre de traitement de Ziguinchor qui réclament au ministère de la Santé et de l'action sociale près de quatre mois de primes de motivation.

Menaçant d'aller en grève si l'État persiste dans son mutisme, ils sont au total une bonne trentaine d'infirmiers et d'hygiénistes qui crient leur ras-le-bol. « Nous sommes des agents de l'hôpital régional et de l'hôpital de la paix de Ziguinchor.

Je suis infirmier, j'ai été affecté ici (Centre de traitement de Ziguinchor) avec l'apparition de la pandémie au Sénégal.

On peut compter 20 agents dont 10 issus de l'hôpital de la paix et 10 autres sélectionnés au niveau de l'hôpital régional en plus des hygiénistes.

Il y a aussi des médecins contractuels et d'anciens infirmiers qui ont été mobilisés par le ministère de la Santé pour renforcer l'équipe de travail au niveau du centre », laisse entendre un de ces infirmiers.

En effet, même si ce dernier reconnait que les « conditions de travail sont plus ou moins acceptables », tout ne semble pas rose.

« En réalité, ces infirmiers retraités sont venus ici en appoint il y a près de deux mois pour nous prêter main forte », révèle l'infirmier et d'ajouter que « contrairement à nous, ils ont des contrats signés en bonne et due forme.

Alors que nous avons été cooptés par désignation. Dès que la pandémie s'est signalée à Ziguinchor, nos superviseurs de soins ont choisi des infirmiers au niveau de chaque service pour constituer des équipes au niveau du centre de traitement ».

Mais malgré cet élan patriotique, ce dernier déclare que « depuis que nous avons démarré les soins au niveau du centre, à la date du 22 mars, on est en train de faire notre travail. Une fois que les médecins ont fini de faire les consultations quotidiennes, nous faisons quasiment tout le reste du travail ».

Et de poursuivre : « certes, nous ne sommes pas embauchés par le ministère du travail, mais ils nous doivent des primes de motivation. Depuis le mois de mars, on attend désespérément de rentrer dans nos fonds.

D'ailleurs, le directeur du centre qui est également le directeur de l'hôpital régional, nous avait même convoqués en réunion, en présence d'autres médecins, pour nous dire que la situation est visiblement compliquée pour nous.

Mais que, d'après ses informations, tout devrait se décanter assez rapidement ». Mais toujours dans une attente interminable, « toujours rien et on n'a reçu aucune motivation de la part du ministère de la Santé », déplore l'infirmier.

Le pis, relève-t-il, « il y a des centres de traitement dont les agents ont déjà reçu leurs primes de motivation. C'est assez injuste puisque le centre de traitement de Ziguinchor fait partie des premiers qui ont démarré la prise en charge des malades de la Covid-19.

Les agents du ministère nous ont demandé nos numéros de comptes bancaires, des compléments de dossiers, nos diplômes, notre domiciliation de salaire, adresses etc... Mais en vain !

C'est le statu quo depuis un voire deux mois. Que ça soit les médecins ou les infirmiers, nous sommes tous dans la même situation concernant ces primes de motivation » renseigne-t-il.

Dans cette même veine, on pourrait se demander qu'en est-il des 360 millions FCFA qui sont annoncées par le ministère de la Santé et de l'action sociale en guise de primes de motivation. Une prime destinée à 7.250 agents de santé, à raison de 50.000 FCFA par mois et par agent pendant au moins 6 mois.

Frustrés par une telle situation, ces infirmiers menacent d'aller en grève pour ainsi boycotter les malades dans les centres de traitement. « Nous avons plusieurs fois menacé d'aller en grève.

Ce sont les superviseurs qui nous demandaient d'obtempérer en attendant de trouver une issue heureuse. Seulement, nous commençons à atteindre le seuil de tolérance face à cette situation. Ceci n'a que trop duré et nous sommes déterminés à passer à l'étape supérieure » a-t-il averti.

Plus de: Sud Quotidien

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