Tunisie: Agents de sécurité révoqués - Un sit-in pour revendiquer la réintégration

14 Juillet 2020

Près de 220 agents de sécurité révoqués, venus de différentes régions du pays, ont observé hier un sit-in à proximité de Carthage-présidence pour revendiquer la régularisation de leur situation. Désespérés, certains d'entre eux auraient même des pensées à émigrer irrégulièrement.

Se trouvant dans une situation précaire, plus de 980 agents de police, de la garde nationale et de la douane, issus des quatre coins de la Tunisie, ont en vain revendiqué leur réintégration dans leurs corps respectifs.

Une atmosphère tendue règne depuis qu'ils ont annoncé plusieurs jours de colère. Les protestataires ont rappelé la situation difficile de centaines de familles à leurs charges, soulignant l'impératif de régulariser leurs situations loin des tiraillements, conflits et querelles politiques. Leur rêve est de travailler de nouveau.

Dans ce contexte, Makrem Ben Ali, 37 ans, membre de la coordination pour le recouvrement des droits de ces agents, a révélé : « Je ne parviens pas à subvenir à mes besoins familiaux, j'ai subi un divorce car je ne trouve pas de l'argent pour nourrir ma femme et mon fils. Nous revendiquons notre droit à une régularisation de notre situation ».

Pour sa part, Slim Dhieb, la cinquantaine passée, a déclaré avec un ton pessimiste : « J'ai un crédit de 52 mille dinars. Je ne sais pas quoi faire avec la banque. Croyez-moi je n'ai même pas un carnet de soins. Je suis ici pour protester contre cette injustice politique subie ».

Et d'ajouter, aujourd'hui, les sit-inneurs menacent d'escalade au cas où leurs revendications ne seraient pas prises au sérieux. Tous les protestataires ont affirmé leur volonté de poursuivre leurs mouvements si le gouvernement ne trouve pas de solutions à leurs problèmes. De ce fait, Ikram Ksiksi, coordinatrice régionale, limogée depuis 2014, a lancé un cri de détresse : « Notre situation est restée floue. Jusqu'a quand va-t-on attendre? ». En effet, leur situation s'avère de plus en plus compliquée avec le temps, leur calvaire aussi.

Plus de: La Presse

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