Afrique: Fête nationale - Un Franco-congolais de l'hôpital de Dijon invité au défilé du 14 juillet

Patrick Manckoundia, chef du pôle "Personnes âgées" du CHU de Dijon, fera partie de la délégation dijonnaise aux festivités de la fête nationale française à Paris

France. Du journaliste, Olivier Estran, de France Bleu Bourgogne, nous avons appris l'invitation faite à 800 soignants, dont trois agents de l'hôpital de Dijon, tous conviés au défilé du 14 juillet. Parmi eux, le Franco-congolais, Patrick Manckoundia.

La veille, le lundi soir, le chef du pôle a rencontré Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la santé de France à Paris, au Grand Palais, avant d'assister, mardi 14 juillet, dans une tribune place de la Concorde, au défilé militaire. Un "hommage républicain" qui ne gomme pas les difficultés auxquelles les praticiens restent confrontés.

Ce sera une première pour ce jeune professeur de médecine. "C'est déjà une marque de reconnaissance importante de la République. Ce qui est bien, c'est qu'ils ont invité tous types de soignants, et même, au-delà, tous les personnels de la santé", apprécie ce médecin.

Patrick Manckoundia supervise près de 400 lits en gériatrie, du service de jour jusqu'aux soins palliatifs. Il est accompagné à Paris d'une infirmière et d'un logisticien du CHU.

Le médecin dijonnais a eu le sentiment, lui-aussi, d'être en première ligne de cette crise sanitaire : "Dans nos services, on a eu trois fois plus de morts que d'habitude", soupire-t-il.

Patrick Manckoundia apprécie que les soignants soient mis à l'honneur, mais cela ne gomme pas les difficultés du quotidien. "Si j'avais la chance de parler au président, je lui dirai que l'on fonctionne avant tout en flux tendu. On manque d'effectifs. Si quelqu'un est absent, tombe malade, tout est bloqué, vraiment on n'a aucune marge de manœuvre."

Le "Ségur de la Santé", le fameux plan de revalorisation du gouvernement, promet une augmentation de 490 euros bruts par mois pour les médecins. "C'est un premier pas, cela fait des années qu'il n'y a pas eu d'augmentation, observe Patrick Manckoundia, mais cela reste en deçà des attentes des jeunes médecins. Cette amélioration ne gomme pas la différence avec le privé. Une augmentation deux fois plus importante, autour de 800 euros aurait rendu notre profession plus attractive."

"J'aurai donc un message pour le ministère et l'Élysée, c'est d'augmenter le nombre de médecins formés en gériatrie, dans les structures publiques comme dans le privé. Nous sommes un pays avec une population vieillissante" rappelle Patrick Manckoundia.

Au Grand Palais la veille, comme dans les tribunes de la place de la Concorde le lendemain, les soignants auront à respecter les gestes barrières, les distances sociales et, à n'en pas douter, le port du masque, car la perspective d'une deuxième vague de contamination rend ce médecin "très inquiet".

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