Congo-Brazzaville: Industries minières - L'Asadho accuse Félix Tshisekedi de bloquer la mise en œuvre de l'Itie

L'ONG lui impute la non-nomination du coordonnateur national de cette structure ainsi que la privation au secrétariat technique des moyens financiers et matériels nécessaires à son fonctionnement et à la mise en œuvre de ses activités.

L'Association africaine de défense des droits de l'homme (Asadho) déplore la non-nomination, par le chef de l'Etat, du coordonnateur national de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et la privation du comité exécutif de tous les moyens financiers et matériels nécessaires à son fonctionnement et à la mise en œuvre de ses activités. Pour cette association, dans cette situation, le président de la République bloquerait la mise en œuvre de l'Itie en République démocratique du Congo (RDC). « Il se fait malheureusement que, depuis 2017, l'Itie-RDC n'a plus de coordonnateur national et, depuis le mois de janvier 2020, le secrétariat technique n'a plus reçu de financement du gouvernement pour son fonctionnement et ses activités », a indiqué l'Asadho dans un communiqué signé le 12 janvier par son président, Me Jean-Claude Katende.

Mais aussi cette association révèle que depuis janvier 2020, grâce aux efforts du gouvernement, les parties prenantes et partenaires au développement ont sélectionné, lors d'un processus transparent et inclusif, un nouveau coordonnateur national qui a été approuvé par le Conseil des ministres et proposé au président de la République pour nomination. Cependant, l'ONG regrette que, contre toute attente, le chef de l'Etat n'ait toujours pas nommé ledit coordonnateur national ni récusé sa sélection. « Tous les efforts des entreprises, de la société civile et du Secrétariat international de l'Itie pour convaincre le président de la République de la nécessité et de l'urgence de nommer un coordonnateur national de l'Itie sont restés vains. Le comble de tout, les agents du secrétariat technique de l'Itie-RDC sont impayés depuis le mois de janvier 2020 », a regretté l'Asadho.

Pour cette ONG, en mettant l'Itie-RDC dans la situation où elle ne peut pas fonctionner normalement, le président de la République et son gouvernement trahissent leur engagement de lutter farouchement contre la corruption dans tous les domaines de la vie nationale et, particulièrement, dans le secteur des mines et du pétrole, un secteur déjà miné par plusieurs scandales de corruption.

Face à cette situation, l'Asadho dit attendre du président Félix Tshisekedi la nomination du nouveau coordonnateur national de l'Itie, pour permettre au secrétariat technique de fonctionner normalement et de contribuer au renforcement de la transparence et de la lutte contre la corruption dans le secteur extractif et d'instruire le gouvernement à donner les moyens nécessaires à l'Itie pour son fonctionnement et ses activités. Alors que l'ONG dit aussi attendre des partenaires internationaux d'examiner la possibilité de soutenir matériellement, financièrement et techniquement la mise en œuvre de l'Itie en RDC après la nomination du coordonnateur national.

L'Itie, rappelle l'Asadho, est une structure très importante dans le cadre de la transparence et de la lutte contre la corruption dans le secteur extractif. Elle a l'avantage de mettre à la disposition de toutes les institutions publiques (Présidence de la République, gouvernement, Parlement, justice..) et du grand public des informations utiles au renforcement de la transparence et de la lutte contre la corruption dans le secteur des industries extractives. Dans ce sens, explique cette organisation, l'Itie peut être utilisée comme un outil pour booster les réformes dans le secteur extractif, d'une part, et pour faire profiter aux communautés locales les bénéfices de l'exploitation des mines et du pétrole, d'autre part. « Pour que l'Itie assure cette mission cruciale, elle a besoin d'avoir des moyens matériels et financiers suffisants, d'une part, et doit s'appuyer sur un secrétariat technique tenu par un coordonnateur national compétent et intègre nommé par le président de la République et en qui toutes les parties prenantes ont confiance, d'autre part », insiste l'Asadho.

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