Congo-Kinshasa: Vrai faux « démenti » de Benoît Lwamba - La Cour constitutionnelle couverte d'opprobre

Le président de la Cour constitutionnelle a-t-il vraiment rendu sa démission ? La question préoccupe l'opinion autant qu'elle relance la polémique au sein de la coalition FCC-CACH au pouvoir.

Quoiqu'il en soit, s'il s'avère que le président de la haute Cour n'avait jamais démissionné et qu'on lui a fait endosser un faux document, ou s'il est vrai qu'il avait écrit lui-même sa lettre de démission et que le démenti ne venait pas de lui, c'est qu'il y a eu « usage de faux ». Dans ce cas, que restera-t-il encore de notre système judiciaire si sa plus haute instance, du reste chargée d'interpréter la constitutionnalité des textes, venait à pécher par ses propres turpitudes ? Dans l'affirmative, ça s'appelle «opprobre ». Et, pour l'honneur dû à leur rang, les auteurs de cette ignominie devraient tirer les conséquences qui s'imposent.

A-t-il renoncé à ses fonctions ou pas ? La confusion est totale autour de la démission du juge-président de la Cour constitutionnelle, Benoît Lwamba. Depuis quelques jours maintenant, le dossier fait couler beaucoup d'encre et de salive.

En effet, à l'issue d'une semaine de confusion, Benoît Lwamba Bindu, juge-président de la Cour constitutionnelle, la plus haute institution judiciaire en République démocratique du Congo, aurait finalement démissionné. Mais l'événement a pris la tournure d'un scandale au regard des échanges épistolaires contradictoires, mais surtout des vérités et contre-vérités contenues dans ces correspondances échangées entre lui, l'intéressé, son directeur de cabinet, ses collègues juges et le président de la République.

Dans un flou artistique total, des lettres, pourtant bien rafistolées par des juges, se confondent à un jeu de « fake news », qui tournent tout un peuple en bourrique, en parlant tantôt de la « vraie » démission, tantôt de la « fausse » démission, tantôt du « démenti », tantôt encore de la « prise d'acte de la démission » et, enfin d'un « accusé de réception » de la présidence de la République.

Vérité contre vérité

Qui dit vrai finalement dans cette affaire qui est proche de jeter un affront sur l'image déjà ternie de l'appareil judiciaire congolais qui se recherche encore une voie d'issue vers l'État de droit ?

Apparemment, dans cette affaire, se cache une volonté cachée de brouiller les pistes. Dans ces entrefaites, c'est le directeur de cabinet ai du chef de l'État qui vient couper court en affirmant que le président de la République a pris acte de la « prise d'acte de la démission du président de la Cour constitutionnelle ».

« Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat, me charge d'accuser réception de votre lettre du 13 juillet par laquelle vous lui transmettez le procès-verbal de prise d'acte par les membres de la Cour constitutionnelle de la démission de monsieur Lwamba Bindu Benoît de ses fonctions du président de la Cour constitutionnelle et de membre de celle-ci, et de vous en remercier », lit-on dans l'accusé de réception du directeur de cabinet ai du chef de l'Etat adressé au président ai de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature. En clair, cet accusé de réception met un terme à la cacophonie orchestrée par le démenti - s'il en était un - fait par Benoît Lwamba sur sa démission.

Que dire ? Après la dernière saga qui a secoué la coalition FCC-CACH sur des dossiers brûlants (la révocation du 1er vice-président de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, les 3 propositions lois Minaku-Sakata sur la réforme de la justice, la démission du VPM de la Justice Tunda ya Kasende, l'entérinement de Ronsard Malonda à la tête de la Céni par l'Assemblée nationale... ), le dossier du haut magistrat Lwamba Bindu constituera-t-il un nouveau bras de fer entre Tshisekedi et Kabila ?

Dossier à suivre...

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Le Potentiel

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.