Libye: Le camp pro-Haftar favorable à une intervention égyptienne en cas de menace

Gauche: Maréchal Khalifa Belqasim Haftar. Droite: vue aérienne de Tripoli.

Le Parlement pro-Haftar, basé dans l'est de la Libye, a officiellement invité l'armée égyptienne à intervenir en cas de menaces. Il y a quelques semaines, Le Caire avait annoncé sa volonté d'entrer dans le conflit voyant d'un mauvais œil les avancées des forces du gouvernement d'union nationale (GNA) aidées par la Turquie.

« Aux forces armées égyptiennes d'intervenir pour protéger la sécurité nationale libyenne et égyptienne, si elles voient une menace imminente pour la sécurité de nos deux pays », a indiqué dans un communiqué diffusé dans la nuit de lundi à mardi le Parlement élu en 2014, qui compte essentiellement des pro-Haftar.

Le Parlement réagissait à un discours du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi le 20 juin, dans lequel il menaçait d'intervenir en Libye, en réaction à une implication directe de la Turquie. Les relations entre Le Caire et Ankara se sont dégradées après la destitution en 2013 en Égypte du président islamiste Mohamed Morsi, soutenu par la Turquie. Et elles sont actuellement au plus bas avec la présence de forces turques en Libye.

Échec des négociations sur le pétrole

Mais la tension est monté d'un cran en ce début de semaine avec l'échec des négociations autour des principaux champs de pétrole du pays et de ses ports, explique Claudia Gazzini de l'International Crisis Group (ICR) sur RFI :

« Ces derniers jours, les États-Unis et les Nations unies ont tenté de négocier un accord entre les autorités de Tripoli et celles du général Haftar. L'accord aurait permis la réouverture des ports d'exportation du pétrole qu'Haftar a fermés en janvier. La contrepartie était des discussions à venir sur la répartition des revenus du pétrole. Ce projet a implosé entièrement. Malgré la pression exercée par les États-Unis, Haftar a décidé de ne pas les rouvrir, raconte l'analyste de l'ICR.Il a listé des conditions qui devront être concrétisées avant la réouverture des ports. »

L'Égypte craint un nouveau recul d'Haftar

La fin des négociations fait peur à l'Égypte puisque les forces du gouvernement d'union nationale (GNA) seraient susceptibles de reprendre leur avancée, et donc de se rapprocher de leur frontière : « Cet échec de la relance des exportations de pétrole rend plus réaliste une possible offensive militaire de Tripoli afin de reprendre le contrôle des ports de pétrole, ajoute Claudia Gazzini. C'est ce qui rend l'Égypte plus inquiète sur une possible avancée des forces de Tripoli dans l'est de la Libye. »

En effet, avec l'appui d'Ankara, les forces loyales au GNA ont engrangé d'importantes victoires depuis début juin, reprenant le contrôle de l'ensemble du nord-ouest de la Libye. Les troupes du maréchal Haftar n'ont pour leur part cessé de reculer ces derniers mois, essuyant des revers qui ont signé l'échec de leur offensive sur Tripoli lancée en avril 2019.

Les Émirats arabes unis, alliés du maréchal Haftar, ont de leur côté mis en garde contre les menaces du GNA de prendre le contrôle de la ville de Syrte, située à mi-chemin entre Tripoli à l'ouest et Benghazi à l'est. Il a appelé à un « cessez-le-feu immédiat », en invitant les Libyens à choisir « le dialogue ».

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