Mali: "Les deux camps doivent appeler au calme au Mali"

14 Juillet 2020

Les autorités ont libéré les leaders de la contestation. La situation est encore tendue dans le pays. Adam Dicko, une jeune malienne, appelle au dialogue.

Le mouvement du 5 juin cristallise les frustrations des Maliens. Selon Adam Dicko, directrice exécutive de l'association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie (AJCAD), le Mali fait face actuellement à des problèmes qui ne sont pas tous liés aux législatives contestées.

Adam Dicko : C'est important aussi que le président de la République soit beaucoup plus attentif aux revendications du M5. Les revendications sont vraiment légitimes. Mais au M5 de savoir aussi que nous sommes dans un régime démocratique qui a des principes. Chacun d'entre nous est tenu quand même au respect de ces principes démocratiques et républicains. La désobéissance civile oui, mais la désobéissance civile n'appelle pas à aller barricader les routes ou à aller saccager les maisons des gens, les biens publics. Donc il est important que les deux camps appellent au calme, à l'apaisement, surtout qu'ils appellent au dialogue pour qu'on puisse dépasser cette étape.

Au moment où nous sommes en train de brûler Bamako, le nord et le centre sont en train d'être brûlés aussi par des jihadistes. Le plus important, c'est vraiment l'apaisement et aussi aller vers une gouvernance beaucoup plus inclusive, beaucoup plus proactive, qui réponde au bien et aux aspirations des citoyens.

DW : Est-ce que pour vous aussi, toutes ces manifestations sont le résultat des élections législatives contestées ? Ou il y a des questions d'éducation, de gouvernance qui font que ces manifestations sont inédites dans le pays ?

Adam Dicko : Il y avait bien avant cela beaucoup de problèmes liés à la gouvernance, liés à la manière avec laquelle le pays est géré. Il y a beaucoup de frustrations liées à tout ce qui est accès aux services sociaux de base, à tout ce qui est la sécurité. Depuis sept ans, les Maliens attendent des résultats, des actions du président Ibrahim Boubacar Keïta ou de son gouvernement. Ces résultats et actions peinent à être visibles. A chaque évènement, le camp de l'opposition est renforcé parce qu'il y a des frustrations; il y a des personnes qui quittent le gouvernement pour les rejoindre. Ce n'est pas la seule question des élections législatives, mais il y a vraiment un malaise beaucoup plus général et qui a touché presque tous les secteurs du pays.

Plus de: DW

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