Bénin: La suspension de médias en ligne crée la polémique

14 Juillet 2020

Cette mesure qui vient s'ajouter à d'autres faits dénoncés récemment par le directeur pays d'Amnesty International, inquiète de nombreux citoyens.

L'interdiction de publication des médias en ligne dits non-autorisés est une décision de trop aux yeux de nombreux Béninois. Certains estiment même malvenue la mesure prise par la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication. Et pour Sadikou Alao, président du Groupe d'études et de recherches sur la démocratie et le développement économique et social, Gerddes Afrique, cette mesure ne vise qu'un seul but, étouffer les voix discordantes dans le pays.

"Ces voix discordantes sur le net ou sur les réseaux sociaux ne peuvent que se faire entendre et les efforts pour les étouffer seront nécessairement vains, parce que dans ce domaine-là, c'est la société globale qui est en marche ; et il n'est pas possible de restreindre ou d'empêcher la libre expression ou la communication", affirme-t-il.

Cette annonce de la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication, intervient juste au lendemain des déclarations sur une radio internationale du directeur de la section béninoise d'Amnesty Internationale, confirmant des allégations de torture et d'assassinat d'opposants. Des faits qui pourraient présager de nouvelles tensions sociales, s'inquiète Ralmeg Gandaho de l'Ong changement social Bénin.

"On a passé l'étape d'alerte. C'est des éléments qui viennent consolider un contexte crisogène...tout simplement", analyse M. Gandaho.

Inquiétude de la société civile

Contexte crisogène, les organisations de la société civile font ainsi référence à la crise politique engendrée par les élections législatives d'avril 2019. Des signaux qui inquiètent aussi le Réseau Ouest Africain pour l'Edification de la Paix au Bénin , le Wanep, que coordonne Maryse Glèlè-Ahanhanzo.

"Pour les communales ça a été la même chose (communales qui viennent de s'achever) et l'installation des maires élus par endroits et désignés dans d'autres. Donc de tension en tension, nous nous acheminons vers la présidentielle de 2021, avec une loi sur le parrainage très peu démocratique, exclusive et qui fortement décriée par différents acteurs. La société civile continuera donc à jouer son rôle", affirme Mme Glèlè-Ahanhanzo.

Une tâche qui s'annonce complexe pour les Organisations de la Société Civile, selon Ralmeg Gandaho de l'Ong Changement social Bénin.

"Nous sommes conscients que ce qui se passe au Bénin est tout sauf pour le renforcement de l'état de droit et tout sauf pour le renforcement de la démocratie. Et à chaque fois chacun fait sa part du travail. Il est question pour la société civile de continuer en fait par observer, surveiller, documenter et rapporter", conclut Ralmeg Gandaho.

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