Sénégal: Rebaptisation des rues et places publique coloniales - Le processus de nationalisation dans nos villes s'intensifie

14 Juillet 2020

Le 27 juin dernier 2020, le Conseil municipal de Gorée a décidé de rebaptiser la Place de l'Europe, Place de la liberté et de la dignité humaine. Une manière pour la commune et île mémoire de la traite des Noirs de participer au combat mondial contre le racisme ressuscité à la suite de la mort de George Floyd, cet Africain-américain torturé à mort par un policier blanc après son arrestation.

Pour autant, nos communes ont entamé depuis longtemps ce travail consistant à changer les noms de nos rues et places publiques héritées de la colonisation.

À Dakar, Saint-Louis et Rufisque, ce mouvement se poursuit même si de plus en plus de voix s'élèvent pour demander d'accélérer le processus afin de « tropicaliser » nos rues et places publiques.

Une dynamique en évolution à Dakar

Dans une capitale comme Dakar, le changement d'appellations des rues et places publiques a commencé depuis longtemps. Plusieurs communes ont d'ailleurs procédé à des dénominations même si, dans certaines places et avenues, l'État est associé dans le processus, selon le Secrétaire général de la ville de Dakar, Mourade Guèye Dièye.

À la mairie de la ville de Dakar, ce débat sur le changement des noms de certaines rues, avenues, places, n'est pas nouveau.

Ce n'est pas avec le vent de la contestation que cette question a été posée. Selon le Secrétaire général de la ville de Dakar, Mourade Guèye Dièye, depuis Khalifa Sall, il y a eu des propositions de changements de dénomination des rues, avenues et places.

Selon M. Dièye, le débat s'est posé du temps de Khalifa Sall avec des propositions de la ville de Dakar pour changer le nom d'endroits emblématiques comme la Place de l'indépendance. « On ne se lève pas pour changer les noms de ces places, il faut le faire de concert avec l'État.

C'est beaucoup plus facile dans les communes d'arrondissement comme l'a proposé Alioune Ndoye, Maire de Dakar Plateau. Ce sont des rues de centre-ville qui ont des noms inconnus et cela permet de voir au plan local ce que les populations ressentent et leurs propositions », explique-t-il.

Dans ce processus de changement de dénominations de certaines rues, il faut tenir compte des aspects sociologiques, historiques et de la représentation, ajoute Mourade Guèye Dièye. Mais aussi il faut faire appel à des experts avec la mise en place de commissions.

Avec l'Acte 3 de la décentralisation, ce sont les communes d'arrondissement qui décident d'abord, parce ce que ce sont elles qui en ont la compétence. « Il y a beaucoup de communes qui ont rebaptisé des rues. La commune de Dakar Plateau est en train de réfléchir.

La commune de Point E-Fann-Amitié a donné les noms de Lamp Fall, Cheikh Ahmadou Bamba à des avenues et il y a une place publique appelée Mohamed Fadel. À la commune des Hlm, ils ont aussi rebaptisé des rues. Ce n'est pas nouveau.

Aux Parcelles Assainies aussi, il y a la place Serigne Fallou. À Yoff, il y a la place Mamadou Diop avec le Maire Abdoulaye Diouf Sarr. Aujourd'hui, les communes d'arrondissement ont la compétence de baptiser des places », explique le Secrétaire général de la ville de Dakar. Mourade Guèye Dièye a également donné l'exemple de la Médina avec le Maire Bamba Fall qui a donné les noms de Doudou Ndiaye Rose et de Vieux Sing Faye à des places de sa commune.

«Il y a des endroits emblématiques qui relèvent d'une grande compétence qui ont besoin d'une concertation et d'une délibération concordante entre la ville et les communes. Comme il y a un bon sens dans les relations entre les communes d'arrondissement et la ville, souvent cela se fait en bonne intelligence.

Par exemple, quand Bamba Fall, le Maire de la Médina, a donné les noms de Doudou Ndiaye Rose et de Vieux Sing Faye à des rues, il a pris une délibération dans sa commune et les autorités de la ville de Dakar y ont participé et magnifié l'acte », poursuit-il.

RUES, PLACES ET AVENUES... La belle trouvaille entre la ville et les communes de Dakar

Les rues aux communes, les places et avenues à la ville. C'est l'astuce trouvée à Dakar par les collectivités territoriales, surtout celle du centre-ville, pour gérer cette question de la dénomination des rues. « Il ne faut pas aussi qu'il y ait conflit de compétences entre la ville et les communes.

Si les gens ne sont pas en bonne intelligence, il y aura des communes qui vont se dire que la rue relève de notre compétence et on peut en faire ce qu'on veut, alors que ce n'est pas cela », avertit Mourade Guèye Dièye, Secrétaire général de la ville de Dakar.

Heureusement, selon lui, que d'un commun accord, les élus de Dakar ont compris cette donne. « Maintenant les communes sont en train de prendre en charge cela en bonne intelligence avec la mairie de ville. Surtout pour les places où la ville a une empreinte.

Si vous prenez une petite rue du centre-ville qui s'appelle Jean-Jacques, la commune de Dakar Plateau peut prendre une délibération pour la changer.

Si cette commune veut changer le nom de l'avenue Lamine Guèye, vous comprendrez que cela devient plus compliqué. Il y aura un besoin d'une délibération concordante et d'une concertation entre la ville et la commune », explique M. Dièye.

Saint-Louis en avance sur les autres

Après l'assassinat de George Floyd aux États-Unis, les effets de cette tragique affaire se sont fait ressentir dans le monde entier ; et Saint-Louis n'y échappe pas. Des voix demandent une reconsidération des édifices hérités du passé colonial.

Entre les appels au déboulonnement de la statue de Faidherbe et la « rebaptisation » des rues dans la capitale du Nord, activistes et leaders d'opinions donnent leurs avis, dans un processus enclenché depuis longtemps dans la vieille ville.

Au cours d'une manifestation, le Maire de Saint-Louis, Mansour Faye, en référence à la contestation mondiale née de la mort tragique de l'Africain-américain George Floyd, avait avoué que « depuis bien des décennies, la commune a entrepris le changement de noms de plus de 80 % des rues de l'Île, cœur historique de notre patrimoine ».

Il avait, en outre, rappelé que cette dynamique allait se poursuivre avec une commission mise en place à cet effet. En fait, depuis des années, ce mouvement suit son cours à Saint-Louis.

« Chronologiquement, nous sommes en avance sur les autres villes comme Dakar, Gorée et Rufisque, d'autant que nous avons été une ville coloniale de premier plan », a soutenu Louis Camara, écrivain et ancien lauréat du Prix du Chef de l'État pour les Lettres.

Les premières salves, avoue-t-il, ont été lancées par le Pr Iba Der Thiam qui, le 13 juillet 1984, a rebaptisé le lycée Faidherbe, Cheikh Omar Foutiyou Tall.

Cette structure d'enseignement est le premier du genre créé par la France, en dehors de son propre territoire, et fut le lieu où beaucoup d'intellectuels africains se sont aguerris pour ensuite mener leur nation vers l'indépendance.

Plus tard, sur l'Île, cœur de l'administration, les vestiges du passé vont peu à peu être balayés pour laisser la place à des « locaux », dans une certaine douceur.

Au quartier nord, la rue André Le Bon prendra le nom du Khalife général des Tidianes Khalifa Ababacar Sy dont la mère Rokhaya Ndiaye, née en 1885 à Saint-Louis, est venue au monde dans cette allée. Celle de Brière de l'Isle a été dénommée Marie Parsine, tandis que le quai du gouverneur Roume est renommé appontement Bakar Waly Guèye.

Dans le Sud, la rue Carnot est renommée Ibrahima Sarr, celle de Blaise Dumont a été rebaptisée Serigne Madior Cissé du nom de ce érudit contemporain de Khalifa Ababacar Sy, au moment où l'ancien président du Conseil Constitutionnel Me Babacar Sèye a vu son nom prendre la place de la Rue Neuville, où se situe sa maison familiale.

Tropicalisation des rues et avenues

Le lycée Blanchot est, quant à lui, devenu Ameth Fall, tandis que récemment, le maire Mansour Faye, après la disparition de Jacques Diouf, ancien patron de la Fao, a exprimé le vœu du Conseil municipal de donner son nom à une rue du Sud de l'Île.

Malgré tout, Louis Camara pense qu'il faut poursuivre le processus, dans le bon ordre, avec « des consultations populaires des concitoyens, avec aussi l'appui d'un comité d'experts composé d'historiens, de psychologues et d'anciens de la cité, pour des décisions acceptées par tous ».

En effet, Louis Camara pense qu'il faut parfois valoriser les personnalités neutres de la société civile, comme il en existe à Saint-Louis.

Il a donné l'exemple de Malick Fall, grand commis de l'État, instituteur et auteur du roman « La Plaie », ou encore Lamine Diakhaté, homme de culture respecté dans la capitale du Nord.

Dans cette même logique, Cheikh Tidiane Diallo, imam Ratib de la grande mosquée de Saint-Louis, avait aussi demandé une « tropicalisation » des rues et avenues de la ville.

À son avis, valoriser les fils du pays équivaut à les mettre en lumière en rebaptisant les édifices importants en leurs noms « de sorte que ceux qui fréquentent ces endroits ressentent une certaine fierté ».

La statue de Faidherbe au centre des discours

Il y a trois ans, à la faveur d'un orage qui avait déboulonné la statue de Faidherbe, les activistes avaient vu une bonne occasion d'enlever « cette œuvre qui symbolise la domination ».

Avec les contestations notées dans le monde actuellement, la question est revenue au centre des débats à Saint-Louis. Mais, pour Louis Camara, on ne peut pas dissocier l'histoire de Saint-Louis de la figure de Faidherbe.

Pour ce dernier, « qu'on l'aime ou pas, Saint-Louis et Faidherbe sont indissociables ». Louis Camara est de ceux qui veulent garder la statue.

« Il y a des choses qu'on peut lui reprocher, mais il faut aussi reconnaître certains actes qui ont été faites par lui. La statue, si elle s'en va, c'est possible que j'aie un peu de nostalgie, parce que j'ai grandi avec elle.

Mais pas de regrets », avoue-t-il. « Par contre, dit-il, je n'aimerais pas qu'on la jette aux orties ». Cette « sincère relation » entre Faidherbe et Saint-Louis est également contée par le Président Abdou Diouf dans ses Mémoires.

Ce dernier, évoquant le transfert de la capitale de Saint-Louis à Dakar en juin 1958, rappelait la contestation et le meeting du cinéma Vox.

Ce jour-là, narre le Président Diouf, à la fin de la manifestation, il y a eu la marche jusqu'à la place Faidherbe et là, comme maire de Saint-Louis, Maître Babacar Sèye est monté sur la statue de Faidherbe qu'il a embrassée et lui a dit : « Si tu avais été là, on ne nous aurait pas fait ça ».

RUES ET PLACES REBAPTISÉES : Rufisque, une ville avant-gardiste

Plusieurs rues et places de Rufisque ont changé de noms le long des années grâce aux décisions prises par le Conseil municipal de la ville.

Précurseur de ce vaste mouvement qui consiste à rebaptiser les rues aux noms d'illustres et authentiques Rufisquois, le défunt maire Mbaye Jacques Diop a été suivi par ses successeurs à la tête de la municipalité.

À Rufisque, la place Joseph Gabard fait partie des lieux les plus célèbres de la ville. Situé entre la maison d'arrêt des femmes et l'annexe du lycée Abdoulaye Sadji et à quelques pas du marché central, ce lieu mythique a pourtant perdu son lustre. La statue de Gabard (1892 à 1990), maire français de la vieille ville qui a longtemps trôné dans ces lieux, n'est plus visible ici.

Le « maître » des lieux a été remplacé par une œuvre d'art en fer d'un artiste rufisquois qui semble avoir pris sa place.

Le Conseil municipal de la ville de Rufisque a pris la décision de remplacer Joseph Gabard par Alé Guèye Diop Binta Massamba, du nom d'un riche commerçant rufisquois qui s'est donné volontairement la mort en 1913 pour éviter une humiliation que voulaient lui faire subir les colonisateurs.

Depuis lors, un immense travail de changement des noms de rues a été entrepris dans ce sens. À travers ses places et ses rues, la ville de Rufisque s'est ainsi évertuée, depuis plusieurs années, à faire un travail de mémoire.

Ceci, bien avant le mouvement de lutte contre le racisme qui s'est emparé du monde après la mort de l'Africain-américain George Floyd.

Le précurseur de ce mouvement au niveau local, c'est sans conteste l'ancien Député-maire, Me Mbaye Jacques Diop. «C'est Mbaye Jacques à qui il faut rendre hommage, un nationaliste pétri par le moule du Bds qui avait ces réflexes. Même le stade Ngalandou Diouf, c'est lui.

L'hôpital Youssou Mbargane, c'est lui aussi », explique Meissa Bèye, président de la Commission culture, tourisme et patrimoine à la ville de Rufisque. Les premiers baptêmes, il les fera des noms d'Ousmane Socé Diop (rue Paul Sicamoa), Adama Lô (rue Gambetta)...

Certaines édifices ou infrastructures, il leur fera porter les noms d'illustres fils de Rufisque comme l'ancien ministre Alioune Badara Mbengue (rue entre « dioutiba » et clinique Rada), le Cem de Santhiaba porte le nom de Momar Sène Waly et le stade municipal est dénommé stade Ngalandou Diouf.

À la suite de Mbaye Jacques Diop, les autres maires de Rufisque comme Ndiawar Touré, Badara Mamaya Sène et même l'actuel maire Daouda Niang, consolident ce travail entrepris.

Les rues Faidherbe et André Lebon deviennent successivement rue Samir Abourizk, natif de Rufisque et homme politique, et Pierre Crémier, richissime homme d'affaires fondateur de la Sococim.

Délibérations déjà faites

L'actuel Maire Daouda Niang et le Conseil municipal ont récemment donné le nom de la rue qui mène de la salle des fêtes à la mer en passant par la prison des femmes, le nom d'Anta Madjiguène Ndiaye, connue aussi sous le nom d'Anna Kingsley.

« C'est une princesse du Djoloff qui a été vendue à la place de Rufisque en 1806 et qui a une longue histoire parce qu'on a pu retracer son histoire jusqu'à Jacksonville en Floride (États-Unis).

Elle est devenue Anna Kingsley », explique Meissa Bèye, qui ajoute qu'Anna Kinsley était une figure emblématique de la résistance des esclaves aux États-Unis, surtout en Floride.

Si ces rues au cœur de la ville sont en train de changer progressivement de dénomination, les artères intérieures sont aussi concernées.

C'est dans ce sens que la rue qui part de « Dioutiba » à l'autoroute à péage a été baptisée au nom d'El Hadji Malick Sy et celle qui va de Santhiaba à l'autoroute à péage en passant par la mosquée mouride porte le nom de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké.

« Les délibérations ont déjà été faites, il ne reste plus qu'à aller rendre visite aux familles pour procéder aux baptêmes officiels », fait savoir Meissa Bèye. Selon ce dernier, dans cette ville comme dans d'autres du Sénégal, on doit pouvoir marcher sans avoir honte.

DÉNOMINATION DES RUES ET PLACES PUBLIQUES : Un processus assez simple

La dénomination des rues et places publiques passe par un processus assez simple. D'abord, le maire, sur la base d'un sondage, d'une lettre ou d'une sollicitation ou encore pour un service rendu par un citoyen à la communauté, peut proposer une personne (vivante ou décédée) au Conseil municipal.

Il appartient à cette instance d'examiner la proposition, avant de l'adopter ou de la rejeter. La requête peut aussi provenir d'un citoyen demandant la dénomination d'une artère.

Seulement, explique Meissa Bèye, président de la Commission culture, tourisme et patrimoine de la ville de Rufisque, il appartient au maire d'examiner la proposition et de la soumettre à l'ordre du jour au Conseil municipal qui peut en débattre, avant de rendre publique sa délibération.

« Cela est généralement fait pour que des figures emblématiques soient des modèles et des référence pour la jeunesse », soutient Meissa Bèye.

Afficher notre fierté

L'émoi suscité par la mort de l'Africain-américain George Floyd a été accompagné par une vague de protestations dans les grandes capitales du monde.

Le mouvement spontané Black lives matters (La vie des Noirs compte) s'est subitement emparé des États-Unis, avant de se répandre comme une traînée de poudre dans le reste du monde.

En Europe, en Asie et en Afrique dans une moindre mesure, des artistes, des célébrités, des sportifs ou hommes politiques de renom ont tenu à faire part de leur indignation en participant à des marches pour dire non au racisme.

L'usage de gaz lacrymogènes et de teasers par les forces de l'ordre a produit l'effet contraire : une surexcitation des foules et des destructions sans commune mesure.

Dans les grandes villes américaines, à Londres, Paris, Bruxelles et Copenhague, plusieurs statues d'esclavagistes et de colonisateurs sont tombées de leur piédestal. Même si, au Sénégal, cette vague d'indignation n'a pas été notée dans les rues de Dakar, il faut reconnaître que cela a créé un électrochoc.

Le Maire de Gorée, Me Augustin Senghor, a rebaptisé la place de l'Europe, Place de la Liberté et de la dignité humaine. « L'île mémoire veut être à l'avant-garde du combat pour l'éradication totale et définitive de toutes les formes de racisme », a dit Me Senghor pour expliquer son geste.

Si les communes de Saint-Louis, de Rufisque et de Dakar ont déjà procédé à beaucoup de changements de noms de leurs rues et places depuis plusieurs années, Gorée a eu le mérite de marquer le coup. Symboliquement !

Car de cette île partirent plusieurs milliers d'Africains pour l'Amérique sans jamais revenir. Plusieurs siècles après cette traite honteuse des Noirs, leurs petits-fils continuent de vivre des traitements semblables aux conditions inhumaines de leur déportation.

Sans pour autant renier notre histoire, il nous faut regarder en face les choses : l'homme noir dont le passé rime avec souffrances, désespoirs et maltraitance, continue de souffrir à cause de la couleur de sa peau. La colonisation fut certes une période douloureuse, mais elle fait partie de notre passé, de notre vécu.

Mais devrions-nous nous appesantir sur ce passé jusqu'à oublier ceux-là qui se sont battus pour notre indépendance, ceux-là qui ont cru à la dignité de l'homme noir et à ses croyances religieuses et traditionnelles ?

Certains de nos élus, maires ou conseillers municipaux ont compris cela en à donnant de nouvelles appellations à nos rues et avenues, en puisant dans ce que nous avons comme hommes et femmes valeureux qui nous ont inculqué des valeurs telles que la bravoure, l'estime de soi et l'abnégation.

Une manière de répondre aussi à l'appel de l'écrivain et dramaturge sénégalais Cheikh Alioune Ndao qui disait : « Nos rues et nos places portent képis et sabres qui assassinèrent nos héros ».

À Dakar, les avenues Lamine Guèye, Malick Sy et les rues comme Amadou Assane Ndoye et Abdou Karim Bourgi sont des exemples de réappropriation.

Il en est de même des avenues Maurice Guèye à Rufisque, El Hadji Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba dans la « vieille ville ». Cette dynamique doit être encouragée et poursuivie par les élus sénégalais afin de redonner une certaine fierté à la jeune génération.

Cela est d'autant plus important que dans ce monde mondialisé, les grandes puissances rivalisent entre elles en faisant, chacune en ce qui la concerne, la promotion de sa culture.

Les grands évènements mondiaux, les festivals, les foires et autres voyages organisés entrent dans ce registre. Nos rues et places sont des lieux où nous pouvons aussi afficher notre fierté.

Plus de: Le Soleil

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