Madagascar: Relations apaisées

L'ambassadeur de France à Madagascar, tenant un discours lors de leur fête nationale.

Des signes encourageants. Les discussions sur les îles éparses étant mises en sourdine par la lutte contre le coronavirus, Paris et Antananarivo entrevoient et entretiennent des contacts plus sains et cordiaux. Du moins en apparence.

Emmanuel Macron et la France ont multiplié les gestes de bonne volonté. Comme les 15 millions d'euros à affecter aux actions anti-Covid-19, qui ont accompagné la lettre de félicitation d'Emmanuel Macron à son homologue malgache Andry Rajoelina, lors de la célébration du soixantième anniversaire de l'indépendance de Madagascar. Un fonds à décaisser via l'Agence française de développement. Oubliées les tonitruantes déclarations du président français depuis les Glorieuses, au mois d'octobre; qui ont eu pour effet de refroidir les bonnes ententes entre les deux hommes, affichées à l'Élysée, quatre mois plus tôt. Ils ont convenu de trouver des solutions médianes, un terrain d'entente, sur ce conflit territorial.

Mais cette sortie inattendue d'Emmanuel Macron a changé les donnes. Il aurait été irrité par la participation d'Andry Rajoelina au premier Sommet Russie-Afrique de Sotchi. Les pays occidentaux, en l'occurrence la France et l'Allemagne, ont été outrés par l'attitude conciliante de Vladimir Poutine, envers le président turc Recep Tayip Erdogan qui a commencé à chasser le long de ses frontières avec la Syrie des combattants kurdes, abandonnés par les Forces américaines. Alors que ces Kurdes ont été des précieux alliés pour les occidentaux dans la guerre impitoyable pour rayer de la carte le nébuleux l'État malgache.

En réponse à cette volte-face d'Emmanuel Macron, la partie malgache a organisé une Concertation nationale au Centre de conférence internationale d'Ivato. Où il a été réitéré les droits acquis malgaches sur ces bouts de terre au large. La venue de Didier Ratsiraka, celui qui a relancé ce dossier au niveau des Nations unies, a été le seul fait marquant de cet événement.

Par la suite, le Président de la république, Andry Rajoelina, sur le plateau de France 24-RFI, a parlé de rétrocession tout court. Laissant de côté l'idée de cogestion avancée par la France. La réplique française ne s'est pas fait attendre. Le projet d'instauration d'une réserve naturelle aux Glorieuses a fait l'objet d'une consultation nationale. Une initiative qui a réveillé de leur torpeur des nationalistes et des députés qui ont apporté leur soutien au Chef de l'État. L'ambassadeur de France, Christophe Bouchard a été même convoqué au ministère malgache des Affaires étrangères. Un rappel à l'ordre plutôt rare dans les annales des liens diplomatiques entre les deux nations.

Mais avant le 14 juillet, c'était avec la mine réjouie que Christophe Bouchard a accueilli, en compagnie du ministre de la Santé publique, le professeur Ahmad Ahmad, des équipements dons de la France pour soutenir les efforts des autorités malgaches contre la pandémie. La venue des médecins français est envisagée. À contrario, le coronavirus a rapproché les deux partenaires historiques.

Plus de: L'Express de Madagascar

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