Madagascar: Politiques sectorielles - Zéro effet multiplicateur de richesses

Les dépenses publiques attendent normalement un retour. Ce n'est pas le cas depuis des années à Madagascar. Les investissements publics ne connaissent pas d'effet multiplicateur de richesses. C'est ce qui a prédominé durant une téléconférence organisée hier sur le réseau « Fasoreso », un magazine traitant les enjeux économiques du développement dans le pays. Antsa Ramaroson, économiste membre du Centre de réflexion des économistes de Madagascar (CREM), à la fois journaliste économique a été l'invité.

« Pourquoi les politiques sectorielles n'ont pas donné les effets escomptés? ». Il a été ainsi révélé par Antsa Ramaroson que selon des études menées auprès de son cercle, « si l'État a dépensé 1 ariary, dans des biens et services, il attend un retour équivalent à plus de ce 1 ariary, c'est-à-dire à 1, 1 ariary au moins. Les études ont démontré que 1 ariary d'investissement fait revenir 0,018 ariary à l'État, soit moins de ce qu'il a dépensé ».

C'est ainsi une perte et une absence totale d'effet multiplicateur de richesses défini par la théorie de Keynes qui dit globalement que « toute augmentation de l'investissement, de la consommation ou des dépenses publiques, va entraîner une hausse plus que proportionnelle de la richesse produite dans le pays ». Ainsi malgré que les dépenses publiques aient augmenté pour un secteur année après année, celles-ci n'ont pas produit les richesses escomptées, a reformulé l'animateur Rivo Rakotondrasanjy.

Relance

« Nous assistons plutôt à des visions globales et non à des politiques sectorielles. Le pays a longtemps misé sur le secteur primaire mais le PIB n'y a pas été tiré pour autant. Les mines, le Tourisme, les entreprises franches? Le lien entre les acteurs intra-secteur et avec les autres secteurs est souvent interrompu par divers facteurs empêchant un secteur de tenir dans le circuit économique» avance le journaliste. Un autre cas d'antagonisme a été souligné entre deux ministères qui n'arrivent pas à s'entendre sur le rôle et la mission du secteur privé. L'intervention « intelligente » de l'État devra définir des pistes de création de richesses.

Les présentateurs ont souligné par ailleurs que l'élaboration de la Loi de finances Initiale (LFI) pour 2021 ne devrait pas être influencée par la crise sanitaire. La réflexion sur la relance économique par secteur devra s'organiser dès maintenant. « Ce n'est pas judicieux d'attendre la fin du pic ou encore au-delà pour repenser relance économique » soulignent-ils. Il y a pourtant un risque de conception unilatérale de la LFI par l'État vu la conjoncture. « Le PIB a diminué au fil des temps en raison d'une pression démographique et d'une diminution de consommation, aujourd'hui évaluée à seulement 58 dollars par individu » finit Antsa Ramaroson.

Plus de: L'Express de Madagascar

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