Burkina Faso: Conseil municipal de Ouagadougou - Session « tranquillos » pour Armand Béouindé

Cette fois, il n'y a pas eu d'étincelles. La deuxième session ordinaire du conseil municipal de Ouagadougou s'est tenue le 14 juillet 2020 au palais de la Jeunesse et de la Culture Jean-Pierre Guingané sans anicroches, contrairement à la précédente, tranquillos comme dirait Simon Compaoré, l'ex édile de la capitale burkinabè.

Entre autres points à l'ordre du jour il y avait la présentation du rapport spécial 2019, faite par le maire Armand Roland Pierre Béouindé, et l'adoption du projet de délibération portant autorisation d'adhésion de la capitale à la communauté de communes du « Grand Ouaga ».

138 conseillers présents, 5 procurations. Le quorum étant de 128, l'appel des conseillers présents a été conclu par une salve d'applaudissements. Il faut dire que l'opposition municipale, en grande majorité, a boudé cette rencontre, elle qui exige la révocation de l'édile après l'affaire des 77 véhicules acquis par crédit-bail.

Armand Béouindé a dénoncé cette politique de la chaise vide de ses contempteurs et salué la présence de quelques conseillers de l'opposition qui n'ont pas répondu au mot d'ordre de boycott. « Vous êtes des super-héros de la commune de Ouagadougou », a dit l'édile, qui n'avait que des soutiens en face de lui.

Sans surprise, le premier point inscrit à cette session, à savoir l'examen et l'adoption du procès-verbal de la première session ordinaire du conseil municipal du 22 juin, celle qui avait été mouvementée, a été unanimement approuvé.

Le bourgmestre de Ouagadougou a ensuite présenté à l'assemblée son rapport spécial 2019. Un document de 40 pages qui fait le point de toutes les activités effectuées au cours de l'année et qui touchent à la vie de la commune et de ses arrondissements. Les finances, les actes civils, les accidents, les sorties de la police municipale, etc., tout a été passé en revue, chiffres à l'appui.

Le bourgmestre a estimé que tous les conseillers devraient en tirer une fierté au regard du travail abattu. « Nous avons pu renforcer les capacités de la commune, en matière de ressources humaines et logistiques et de mobilisation de ressources financières.

Nous sommes en train d'asseoir une administration communale performante grâce aux différents équipements qui lui ont été donnés. Il y a eu également beaucoup d'infrastructures qui ont été réalisées, que ce soit au niveau scolaire, de la mobilité humaine, ainsi qu'à celui sanitaire », a indiqué le maire de la capitale.

Au cours de cette session, les conseillers ont aussi adopté une délibération portant autorisation d'adhésion de la commune au projet tenu sous haute sécurité du « Grand Ouaga ».

Comme l'a fait remarquer le premier responsable de la commune, il existe dans les faits de nombreuses interactions entre la capitale et ses huit communes voisines dont Loumbila, Komsilga, Pabré et Saaba. Mais il y a un vide, a-t-il souligné, dans la gouvernance.

« Qui fait quoi quand il y a une activité qui touche toutes ces communes à la fois ? Il fallait réfléchir selon les orientations du gouvernement sur une communauté de communes et créer le « Grand Ouaga » qui sera géré comme une métropole.

C'est prévu par les textes et il fallait que le conseil municipal se prononce là-dessus », a expliqué Armand Béouindé.

Du mouvement d'humeur de la police municipale

En divers, les conseillers municipaux ont interrogé le maire sur la situation qui prévaut en ce moment à la police municipale, laquelle a disparu des carrefours depuis quelques semaines. « La police municipale pose des problèmes pour lesquels elle-même, en tant que structure collective, sait qu'il n'y a pas de solutions », a t-il répondu.

Selon ses explications, les policiers souhaitent la disparition du corps d'agents de police municipal, qui sont recrutés avec le niveau CEP.

Or, à l'entendre, le passage à une catégorie professionnelle supérieure, c'est-à-dire un recrutement sur la base du BEPC, induit des dépenses financières que toutes les communes ne peuvent pas supporter.

Pour le moment les discussions avec les « grévistes » conduites par le ministère de l'Administration territoriale n'ont pas permis de décanter la situation. Cette grève que les flics municipaux mènent et qui porte préjudice à la population est illégale », a soutenu le maire de Ouagadougou.

« Il n'est pas concevable que 550 personnes qui sont payées grâce aux impôts que les Ouagavillois versent refusent pendant un mois de travailler au motif qu'elles ont des revendications structurelles qui ne sont pas réglées », a martelé le maire qui ne perd cependant pas espoir que les policiers vont revenir bientôt dans les rangs.

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