Burkina Faso: Examens scolaires de fin d'année - Aujourd'hui, le CEP et le BEPC

On a craint à un moment donné une année blanche au Burkina, à cause de la maladie à coronavirus (covid 19), qui a fait son apparition au Pays des hommes intègres en début mars.

Le gouvernement, les partenaires et les différentes autres parties prenantes ont tout mis en œuvre pour que cela soit évité.

Fort heureusement ce fut le cas, puisque des mesures idoines ont été vite prises pour sauver l'essentiel. Elles ont concerné particulièrement les dispositions préventives contre la pandémie, la modification du calendrier des examens scolaires...

Aujourd'hui, c'est le début effectif dans de nombreux Centres à travers le territoire national, des épreuves du Certificat d'études primaires (CEP) et de celles du brevet d'études du premier cycle (BEPC).

Le 13 juillet 2020 à Ouagadougou, nous avons fait le tour de quelques quartiers généraux (QG) de l'organisation pour en savoir davantage sur les préparatifs, et l'état d'esprit de certains candidats à seulement 24 heures du «déclenchement des hostilités». Constat !

Dans l'intérêt bien compris de toutes les populations burkinabé, surtout des élèves, des mesures préventives contre la covid 19 ont conduit les autorités gouvernementales à décider de la suspension des activités pédagogiques pendant au moins un mois. Inutile de dire que cela a énormément perturbé le calendrier de l'année scolaire 2019-2020, les obligeant à revoir les prévisions de départ.

Ainsi donc, un arrêt anticipé des enseignements a été décidé, avec les vacances avant l'heure pour tous les élèves, en dehors de ceux en classe d'examen qui ont poursuivi les cours du troisième trimestre. Les programmes ont pour la plupart été épuisés, ce qui suppose que les apprenants sont aptes à pouvoir composer lors des examens finaux.

Le calendrier des épreuves écrites de 2020 a été par conséquent réaménagé pour tenir compte de la nouvelle donne.

Les dernières dates sont désormais celles publiées par le ministère de tutelle, à savoir du 14 juillet au 15 août pour le CEP et le concours d'entrée en classe de sixième, du 14 au 25 juillet pour le BEP, du 14 au 23 juillet pour le Certificat d'aptitude professionnelle (CAP), du 14 au 28 juillet pour le BEPC. Le baccalauréat, lui, débute le 3 août.

A tout seigneur tout honneur ! Notre premier point de chute en cette fin de matinée du lundi 13 juillet courant fut le ministère de l'Education nationale et de la Promotion des Langues nationales (MENAPLN).

Nous n'aurons malheureusement pas d'interlocuteur dans ce département, tous ceux qui auraient pu nous recevoir étant en déplacement à l'intérieur du pays avec le patron. Point donc de statistiques et autres données chiffrées sur les examens scolaires de l'année en cours authentifiées par le MENAPLN.

Nous mettons alors le cap sur la Circonscription de l'enseignement de base (CEB) Ouaga III, dans les encablures du siège de l'UEMOA. Là, on nous exige d'abord une autorisation expresse de la hiérarchie avant de desserrer les dents.

Ceux à quoi nous nous plions en nous rendant à la Direction provinciale de l'Education nationale (DPENA), à quelques lieues de là.

Parvenus à ce service déconcentré du ministère, nous nous entendrons dire que le directeur n'est pas sur place.

C'est donc au téléphone, alors que nous partions déjà pour une autre destination, et après moult explications qu'il nous reviendra plus tard pour nous autoriser à rencontrer la première responsable de la CEB Ouaga III, Maïmouna Kéré/Romba.

Lycée Nelson Mandela, une véritable fourmilière

L'organisation des examens cette année est prise très au sérieux au lycée Nelson Mandela de Ouagadougou, en témoigne le fourmillement constaté lors de notre passage. Il constitue la zone I, forte de 14 jurys, mais aussi un centre de composition avec 4 jurys.

Cette zone est dirigée par le proviseur lui-même, Victorien Bonou, visiblement au four et au moulin. Selon lui, presque tout le travail avait déjà été fait en début d'après-midi. Les sujets confiés par la direction générale des examens et concours (DGEC) étaient déjà parvenus aux différents jurys.

Seuls restent à son niveau le petit matériel et des dotations comme les brouillons, les intercalaires... Pas de difficultés particulières, et tout est fin prêt pour le démarrage sans anicroche de la session.

La covid19 étant la menace actuellement, toutes les dispositions sont prises pour minimiser les risques de contamination. A en croire le proviseur Bonou, pas d'inquiétude parce que des lave-mains, du savon... ont été suffisamment acquis.

Pour les candidats, la distanciation sociale est prise en compte dans les salles d'examen dont l'accès est impérativement conditionné par la possession d'un cache-nez conventionnel.

Retour à la CEB Ouaga III où cette fois-ci, la cheffe Maïmouna Kéré/Romba s'est fait un grand plaisir de nous recevoir.

La circonscription qu'elle dirige, logée dans l'arrondissement n°2 de la capitale, compte 31 écoles primaires dont 11 publiques. Elle héberge des centres d'éducation et d'éveil préscolaires (public et privé).

Pour les examens du CEP cette année, selon Dame Kéré, sa CEB abrite deux jurys pour six centres au total. On enregistre 1 432 candidats, 72 surveillants, 30 maîtres-accompagnateurs, 76 correcteurs et 10 secrétaires.

La particularité pour cette session-ci à la CEB Ouaga III est qu'elle reçoit six élèves en situation de handicap venant de l'ABPAM et devant naturellement composer en braille.

Un travail a été fait avant. Il s'agit notamment de rencontres préparatoires avec les différents partenaires, pour signifier à chacun ses attributions. La tâche s'effectuera aussi pendant le déroulement de l'examen et se poursuivra juste après.

Il s'agit, a affirmé la cheffe de la circonscription, en réalité d'un travail de pilotage et la CEB doit être toujours disponible pour rappeler à tous et à chacun les instructions données, répartir les surveillants, superviser les corrections...

S'agissant des mesures barrières contre la covid 19, il n'y a pas lieu de se faire du mauvais sang. Un souci de lave-mains s'est posé entre temps, mais a vite été résolu grâce à une bonne volonté. Le nécessaire est disponible et a même déjà été dispatché dans les différents centres.

Madame Kéré est donc confiante que les dispositions sanitaires édictées seront respectées. Son souhait reste que la session se déroule dans un environnement sécurisé, que les candidats affrontent les épreuves de leur premier examen avec sérénité et que tout soit réuni pour le succès de tous.

L'espoir habite les candidats

A la veille des épreuves écrites des examens du CEP et du BEPC, comme à l'accoutumée en cette période, les différents centres peaufinent les derniers détails et procèdent surtout à l'inscription des numéros P-V sur les tables avant d'afficher les listes des candidats à la porte des différentes salles de composition.

Au lycée Nelson Mandela, il était un peu moins de 12 heures lorsque des candidats du Jury n°8 guettaient la sortie des superviseurs, afin de voir où ils prendraient place pour composer. Dans ce jury, l'effectif des candidats dans une salle est de 48 ou 49 suivant le nombre de tables-bancs disponibles.

En ces lieux, Eloi Kaboré est le président du jury n°8 siégeant au Nelson Mandela ; selon lui, en cette veille d'examen le mot d'ordre consistant à rappeler aux candidats le port obligatoire du masque sous peine de ne pas accéder à la salle de composition a été affiché devant chaque classe. Sous sa direction, 386 candidats iront à l'assaut du BEPC.

Pour des questions de respect de la distanciation sociale et au regard des tables-bancs disponibles, certains élèves occuperont tout seul une table pendant que d'autres seront deux par table. C'est ce qui nous a d'ailleurs été donné de constater à la salle n°1 avec ses quatre rangées.

Interrogé sur de quelconques difficultés rencontrées dans l'organisation de ces examens de BEPC, le professeur de lycée a sans détour confirmé l'existence de difficultés particulières. Les fraudeurs, a-t-il affirmé, ont développé de nouvelles techniques pour tricher.

Ce qui a contraint la direction régionale du centre à garder secret le nom des secrétaires et des correcteurs jusqu'à la dernière minute, en vue d'éviter qu'il y ait une communication entre eux et les candidats ou avec les parents des candidats. Par conséquent, cette mesure retarde les examinateurs dans leur dynamique, a précisé le président du jury n°8.

Candidate, c'est avec plaisir que Nafissa Rabo, élève en classe de 3e au Nelson a bien voulu s'exprimer. Sans hésitation, la jeune fille a déclaré qu'elle est prête et attend de voir ce que les différentes épreuves lui réserveront.

A la différence de Nafissa, Salif Sodré, également en classe de 3e doit composer au jury n°9. Après une trentaine de minutes durant à chercher sa salle de composition, il est enfin situé par un de ses camarades. Pour lui, le plus important est d'être à l'heure le jour J car, dit-il, on parle plus de réviser les leçons.

Si les grands affichent une sérénité avant d'aborder les épreuves écrites à proprement parler, leurs cadets du primaire, c'est-à-dire les élèves en classe de CM2, sont plutôt stressés pour la plupart de ceux que nous avons rencontrés.

Accompagné par son grand frère, Mariam Bargo, élève à l'école ATI B, a fait un premier tour au centre Tang-Zugu avant la date fatidique des épreuves écrites du certificat d'études primaires. Espérant décrocher son premier parchemin du primaire, la petite peinait à s'exprimer, perturbée qu'elle était par nos appareils.

Mais avec l'insistance de son frangin qui l'a rassurée au passage, elle a repris confiance en elle. C'est ainsi qu'elle nous a confié qu'elle veut savoir dans quelle salle elle doit composer.

Rien que par la manière avec laquelle Olivia Gouo, également en classe de CM2, mais à la l'école Croix-Rouge, s'est exprimée, on sentait une confiance en elle-même. Sourire aux lèvres, elle a expliqué avoir retrouvé ses identifiants sur la liste des 48 candidats que compte la salle n°2 du jury n°1 au centre Tang-Zugu.

Plus de: L'Observateur Paalga

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