Sénégal: Djibril Ndiaye (Jeanne D'Arc) - «Si le Sénégal s'était qualifié à la CAN de 1978... »

14 Juillet 2020

Ils ont en commun d'avoir été des footballeurs de grand talent et de n'avoir jamais disputé une phase finale de Coupe d'Afrique des Nations (Can).

Pour une raison ou pour une autre. Nous vous proposons d'aller à la rencontre de cette belle brochette de joueurs qui auraient certainement fait bonne figure dans cette compétition si courue. Aujourd'hui, Djibril Ndiaye.

«Si le Sénégal s'était qualifié à la Can de 1978 au Ghana, j'aurais certainement fait partie des joueurs qui l'auraient disputée. Car, je faisais alors partie des 7 ou 8 meilleurs défenseurs de ce pays». L'assurance est de Djibril Ndiaye, défenseur central de la Jeanne d'Arc de l'époque.

Selon lui, «les places étaient très chères en défense, surtout avec la paire d'axiaux Diakhou Gaye-Oumar Diop». La concurrence ne lui faisait pas peur et il avait réussi à s'imposer en équipe première de la Jeanne d'Arc dès 1975, après y avoir évolué en juniors et chez les moins de 23 ans.

Si donc le Sénégal s'était qualifié à cette Can-là... Oui, parce que le Sénégal ne s'était pas qualifié, par la faute du Nigeria qui, lors du match retour décisif au stade de Surulure à Lagos, avait usé de tous les moyens pour renverser la vapeur.

Battus 1-3 à l'aller à Dakar, les «Green Eagles» (comme l'on appelait l'équipe nationale du Nigeria) s'étaient imposés chez eux par 3 buts à 0. Au grand dam de Djibril Ndiaye. «On ne voyait pas comment on ne pouvait pas ne pas aller en phase finale de Can, après une aussi nette victoire à l'aller», se désole-t-il.

Sauf que les Nigérians avaient d'autres arguments à faire valoir. «Ils n'ont pas du tout été sympas. Ils nous ont intimidés tout au long du match avec des chiens policiers et des chevaux colossaux au bord du terrain», rappelle-t-il.

L'ancien défenseur de la JA qui, traditionnellement n'a «peur de rien» et était toujours animé d'un «fighting-spirit à toute épreuve», avait sur ce coup-ci été très impressionné.

«Djiby» ne veut point convoquer «l'irrationalité» pour justifier cet inattendu retournement de situation avec «les 3 buts nigérians encaissés dans les 15 dernières minutes de la rencontre».

Toujours est-il que, sans le savoir, il venait de rater sa seule opportunité de disputer une Can. Puisque dès 1978, il est parti en France pour jouer à Roubaix, en 4ème division. Il avait par la suite eu des possibilités d'aller au Losc.

Mais lui qui, au Sénégal, n'avait jamais connu d'ennuis de santé ni de «problèmes musculaires» et «n'était jamais fatigué», avait commencé à avoir des pépins physiques à répétition. Au point de devoir passer sur le billard.

Avec Jean-Pierre Adams

Après, il s'était retrouvé à Chalon-sur-Saône où il avait composé l'axe central de la défense avec un certain Jean-Pierre Adams qui, avec Marius Trésor, avait constitué «la garde noire de l'équipe de France».

Et c'est à Evry, en région parisienne, que Djibril Ndiaye a terminé sa carrière à 38 ans grâce à un contrat amateur très avantageux qui lui assurait, en plus du boulot, une formation d'éducateur sportif.

Avec ce club qu'il avait aidé dans sa montée de la DHR à la D3 d'alors, «le top pour les amateurs», et à 30 ans, il dit avoir «retrouvé de la tonicité et une seconde jeunesse».

La preuve par ce 32ème de finale de Coupe de France remporté en 1985-86 face au RC Toulon (1-0). «C'est certainement l'un des plus beaux matches de ma carrière ; car j'avais tenu en échec Delio Onnis qui a été meilleur buteur du championnat de France».

C'est dire si Djiby Ndiaye avait de la qualité. «L'engagement athlétique a toujours été ma force principale», même s'il n'avait pas un gros gabarit. Et il aurait bien aimé le démontrer en phase finale de Can.

D'où sa «grosse déception» de n'avoir jamais connu ce plaisir. Car, pour lui, «être international, c'est relativement facile, mais tant que tu n'as pas disputé une Can, il y aura toujours un vide dans ton palmarès».

C'est peut-être pourquoi, il se montre quelque peu évasif sur son nombre de sélections en équipe nationale. «Les stats, ce n'était pas notre truc. Contrairement à maintenant où même le nombre de passes et de tacles réussis ou de kilomètres parcourus lors d'un match est connu à la minute près», justifie-t-il.

«Peut-être que 10 ans après j'aurais pu dire, mais 40 ans plus tard... » Dans tous les cas, lui et la plupart des «gens de son époque» se passionnaient plus pour les derbies dakarois et les chocs du championnat que pour l'équipe nationale qui était «une sorte de soupape» pour eux.

À sa retraite des terrains, Djibril Ndiaye, titulaire du diplôme d'éducateur fédéral, est resté dans le milieu en s'occupant des équipements sportifs de la ville d'Evry.

À Dakar où il séjourne actuellement, il tient un magasin spécialisé dans les équipements et «maillots référenciés en Europe», collabore avec des associations et entreprises et organise des tournois de foot pour jeunes.

Plus de: Le Soleil

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