Sénégal: Paiement de scolarité en contexte de vacances scolaires dues à la COVID 19 - Administrateurs d'écoles et parents d'élèves en bisbilles

15 Juillet 2020

Plaintes contre contraintes, les administrateurs d'écoles «établissent des factures » et les parents d'élèves accusent de « service non rendu » à leur tour.

Ainsi, en dépit de ces vacances forcées à cause de la Covid 19, certaines écoles privées continueraient d'envoyer des factures de scolarité aux parents d'élèves car « les cours sont dispensés en ligne », prétexte-t-on. Reportage sur une dualité d'opinions occasion.

L'épidémie du nouveau coronavirus obligeant, écoles et universités ont été fermées au Sénégal comme partout ailleurs.

Du coup, élèves et étudiants ont enlevé leurs uniformes pour plusieurs mois de vacances forcées. Par contre, les administrateurs d'écoles ont dû faire face à une équation financière « complexe et délicate ».

« La gestion d'une école implique le règlement de plusieurs factures de charges dont les loyers du bâtiment, l'eau et l'électricité, le gardiennage, les enseignants, entre autres », fait remarquer le directeur élémentaire du groupe scolaire « Les Pédagogues » dans un entretien accordé à Sud Quotidien.

Ainsi, poursuit M. Mbaye, « pour des raisons d'une continuité pédagogique, nous dispensons les cours en ligne aux élèves ».

Ce qui pourrait expliquer, selon lui, « les notes de factures des mois d'avril et mai adressé aux parents d'élèves ». Non sans préciser que « nous laissons le libre arbitre aux parents de faire ce qu'ils peuvent.

Nous n'exigeons rien ». Par contre pour ce qui concerne les factures de cantines et de transports, le Chef du cycle élémentaire dudit école dément les propos et fait savoir que « nous n'avons même pas des services de cantine et de transport dans notre école. Et cela m'étonnerait si de tels faits sont avérés ».

Aussi, le directeur du Collège « Sacré Cœur » de Dakar, Marcelin Coly interrogé par rapport à ce sujet, se veut assez clair. « J'ai l'impression qu'il y a des personnes malintentionnées qui véhiculent des propos infondés et mensongers pour faire du mal à l'enseignement catholique.

Nous n'avons jamais facturé des frais de transport aux parents d'élèves et en ce qui concerne la cantine, nous n'en avons même pas », déclare le directeur d'école. Et de poursuivre : « pour ce qui concerne la scolarité, toutes les classes ne sont pas concernées.

Même le mois d'avril n'a pas été facturé ». Même son de cloche ou presque au niveau du collège catholique Hyacinthe Thiandoum.

«LES COURS EN LIGNE NE SONT QUE DES ALIBIS POUR NOUS FAIRE PAYER DES FACTURES...»

La tension entre parents d'élèves et administrateurs d'écoles au sujet des factures de scolarités émises par certains établissements est palpable. Une situation qui a fait hausser le ton à Gabriel Sagna, père de 03 enfants.

En effet, ne voulant pas indiquer l'établissement scolaire fréquenté par ses 02 filles et son jeune garçon en classe de Terminale, le magasinier laisse entendre que « depuis la fermeture des écoles, je paye la scolarité de mes enfants ».

Il juge que « les établissements scolaires justifient ces factures avec l'argument des cours en ligne alors que les enfants n'arrivent non seulement pas à se concentrer pour comprendre ces cours, mais c'est quasiment impossible de demander à un enfant de suivre des cours en ligne, étant donné qu'il n'a reçu aucun préalable pour cela ».

Poursuivant, M. Sagna accuse ces établissements qui agissent de la sorte de « profiteurs » car « ils savent très bien que les cours en ligne ne sont rien que des alibis pour nous faire payer des factures de scolarité.

Dans la même veine, Mariama Sylla, mère de 04 enfants soutient les propos de M. Sagna et ajoute que « si les établissements utilisent l'argument de la continuité pédagogique par des cours en ligne pour nous adresser des factures de scolarité, peuvent-ils nous expliquer par quels moyens ils comptent évaluer de manière fiable les enfants ?

Puisque toute acquisition se doit d'être évaluée dans ce contexte. C'est du maquillage ! Ce sont juste des arguments pour encaisser les scolarités pour un service non rendu ».

Le pis, poursuit la Sénégalo guinéenne, « ces directeurs d'écoles pensent qu'ils sont les seuls touchés par la pandémie. Nous en souffrons tous. Nous grinçons les dents pour nourrir nos enfants et subvenir aux différentes charges incompressibles ».

Étudiant à l'Institut supérieur de droit de Dakar (Issd), Ebenezer Coly avoue que le prétexte des cours en ligne est juste une stratégie « pour continuer percevoir les scolarités.

Car, si déjà en présentiel on éprouve des difficultés à comprendre certains cours, se contenter d'envoyer et de lire une polycopie ne peut qu'aggraver les conditions d'apprentissage».

En somme, si les administrateurs d'écoles et instituts brandissent l'argument « des cours en ligne» pour justifier la facture d'une prestation de service, pour les parents d'élèves et étudiants « il s'agit d'une stratégie pour juste encaisser les scolarité malgré le service non rendu ».

Dans tous les cas, l'accusé principal reste cette pandémie de la Covid 19 qui a su mettre à genoux l'économie du pays et impacter négativement tous les secteurs.

Plus de: Sud Quotidien

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