Congo-Kinshasa: CENI - Quelle piste de sortie ?

15 Juillet 2020

En marge des marches populaires de protestation contre la décision de l'Assemblée Nationale portant entérinement, sur fond de tricherie, de la candidature de Ronsard Malonda à la présidence de la Ceni, le débat est lancé sur l'impératif de la révision des textes organiques portant création, organisation et fonctionnement de cette institution d'appui à la démocratie.

Des propositions de redéfinition de la « composante » société civile et de ses « sous-composantes », en vue de les déconnecter de la mainmise des officines politiques, et de la mode de désignation des membres de son bureau, ainsi que de la plénière, sont en circulation dans les cercles politiques et sociaux.

Quelle piste de sortie suivre pour désamorcer la crise qui vient de s'installer autour de la désignation des animateurs de la Ceni, mais aussi de sa mission d'organisation des élections ?

Le cas de Ronsard Malonda est d'autant préoccupant qu'il a fait ressurgir, à la surface, le démon du tribalisme, de l'ethnisme et du régionalisme au sein de la sous-composante « Confessions religieuses », que l'on pensait vaccinées contre ces antivaleurs. L'hideuse gangrène de la géopolitique s'est installée dans les allées conduisant à la direction de la centrale électorale, au point que la succession du précité risque d'être compliquée, sinon impossible, chaque province, tribu ou ethnie revendiquant le droit de la piloter.

S'agissant de la coloration politique, c'est sûr et certain que le choix d'un candidat autre que le FCC va pousser cette famille politique à crier à l'exclusion. A contrario, le maintien de Ronsard Malonda au poste est sur le point d'embraser toute la République, à la lumière des manifestations d'hostilités à ce qui parait, aux yeux de beaucoup, comme la prise en otage de la Ceni par un seul clan politique, depuis le Dialogue intercongolais, en 2002, c'est-à-dire 18 ans.

Puisque la société civile comme les partis politiques sont foncièrement divisés sur la réforme comme le contrôle de la Ceni, il leur appartient de réfléchir à fond pour trouver une voie de sortie de la crise actuelle. Quelle est la formule magique pour mettre tout le monde d'accord ? La question est plus que jamais d'actualité.

A défaut d'un compromis, certains compatriotes suggèrent que l'Etat, traditionnellement pouvoir organisateur des élections, reprenne momentanément sa charge. En 1960 et 1965 par exemple, les élections générales étaient organisées sous l'égide du gouvernement. Il y avait certes des « Commissions Electorales » mais ce n'étais pas au sens d'une institution d'appui à la démocratie, comme c'est le cas aujourd'hui. Et les résultats des urnes avaient reflété le poids politique et social de chaque parti, regroupement politique et leader sur le terrain.

Le passé pouvant servir de boussole au présent, les exde 1960 et 1965 du passé pourraient faire l'objet d'analyses objectives, de manière à voir dans quelle mesure redonner éventuellement à l'Etat, ses prérogatives de pouvoir organisateur des élections.

Ce que l'on voudrait éviter est que l'organisation des élections ne devienne l'exclusivité d'une famille politique, d'une tribu, d'une ethnie, d'une confession religieuse ou d'une Ong des droits de l'homme.

La crise de confiance entre la Ceni et les forces politiques et sociales est telle qu'il y a lieu d'explorer - pourquoi pas - une piste moins contestable pour le processus électoral de 2023. En tous les cas, qu'il s'agisse de la réforme de la centrale électorale ou de sa mise entre parenthèse pour une durée déterminée, le consensus entre parties prenantes devrait être privilégié. Car, en réalité, ce qui est recherché par le peuple congolais, c'est la traçabilité du prochain processus électoral et son contrôle par des fils et filles du pays qui ne feraient pas l'objet de contestations.

Plus de: Le Phare

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