Guinée: L'opposition veut sonner la mobilisation

Photo d'illustration
15 Juillet 2020

Après une pause en raison de la Covid-19, l'opposition sera dans les rues lundi pour protester contre une éventuelle candidature du président Alpha Condé.

Après les manifestations des jeunes de la ville de Kankan contre le manque d'eau et d'électricité, des émeutes ont également éclaté, mardi (14.07.20), dans la ville voisine de Siguiri. Là-bas aussi, des jeunes sont descendus dans la rue pour exiger une meilleure desserte en électricité de la Haute Guinée - fief traditionnel du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel.

De son côté, l'opposition politique se prépare à occuper la rue, lundi (20.07.20), pour exiger le départ du président Alpha Condé, accusé de parjure et soupçonné de vouloir briguer un nouveau mandat à l'issue de son second et dernier quinquennat.

Mettre la pression sur le président de la République

Après avoir marqué une pause en raison de la pandémie du nouveau coronavirus, les partis d'opposition, membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), ont décidé, en effet, de mettre à nouveau la pression sur le pouvoir d'Alpha Condé.

Pour Maimouna Bah, de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), en dehors de la rue, l'opposition guinéenne n'a plus aucun moyen pour faire partir le président Alpha Condé:

"On a commencé par la sensibilisation. On a rencontré toutes les personnalités morales, des institutions nationales et internationales, ça n'a pas marché. Alpha Condé a même recusé les religieux de notre pays. Il a fermé la porte à tout le monde. Il a fermé la porte à une délégation de la Cédéao qui devait venir à un moment donné. Donc, on n'a plus de recours, le seul moyen qui nous reste c'est la rue."

Le parti au pouvoir pas ébranlé

Alors que le gouvernement a lancé un appel pour un dialogue inclusif, le parti au pouvoir estime que les menaces de l'opposition sont loin de l'ébranler. Selon Sidiki Touré, qui dirige la cellule de communication du RPG arc-en-ciel, les partis de l'opposition ont tout éssayé pour empêcher le président Alpha Condé de travailler afin de changer les conditions de vie des populations.

"Nous connaissons notre pays. Nous connaissons la sociologie de notre pays. La moindre agitation dans ce pays profite aux politiques qui se font inviter pour mobiliser leurs jeunes et leurs militants, parce qu'ils ont tout fait pour saboter le régime du président Alpha Condé, ils n'ont pas pu. Ils ont tout fait pour manifester contre le changement de la Constitution, ils n'ont pas pu. Parce que le peuple de Guinée, dans sa majorité écrasante, a décidé d'accompagner le Pr. Alpha Condé."

A quelques semaines de la convention du parti au pouvoir prévue le 5 août et qui devrait désigner son candidat à la présidentielle, les jeunes de la mouvance présidentielle veulent aussi se faire entendre.

A N'zérékoré, dans le sud du pays, des mouvements de jeunes exigent du pouvoir leur part du gâteau. Ils réclament, entre autres, leur intégration dans la fonction publique.

Plus de: DW

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