Congo-Kinshasa: Conjoncture écomique - Les opérateurs obligés de rapatrier les devises des exportations

La surchauffe observée actuellement sur le marché de change en RDC et l'augmentation des prix des biens de première nécessité ont été au cœur de la réunion de conjoncture économique du 14 juillet 2020.

La conjoncture économique en République démocratique du Congo(RDC) est, pour l'heure, catastrophique. La surchauffe observée actuellement sur le marché de change en RDC ainsi que l'augmentation des prix des biens de première nécessité à Kinshasa et ailleurs, dans l'arrière-pays, ont irrémédiablement plongé les Congolais dans une sorte de pessimisme. Une situation consécutive notamment à la baisse de mobilisation des recettes de l'État en cette période marquée par la pandémie de covid-19.

C'est avec appréhensions que ces derniers scrutent l'avenir, tant leur situation ne fait que s'empirer. Le coronavirus n'a pas non plus facilité les choses. Bien au contraire, cette pandémie a sapé tous les espoirs d'une vie meilleure à laquelle aspiraient les Congolais à l'avènement de l'actuel régime. En effet, à l'arrivée du président Félix-Antoine Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, un dollar américain se bradait à 1675 FC. Actuellement, le même dollar se négocie autour de 1950 FC, voire 2000 FC avec tout ce que cela s'ensuit en termes d'augmentation de prix sur le marché.

C'est aux fins de chercher des voies et moyens pour contrer cette spirale négative que le comité de conjoncture économique s'est réuni, le mardi 14 juillet, sous la supervision du Premier ministre Sylvestre Ilunkamba. Après constat des dérives conjoncturelles dues essentiellement, d'après le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Jean-Baudouin Mayo Mambeke, à la baisse de mobilisation des recettes de l'État en cette période marquée par la covid-19, le comité a pris un train des mesures.

Des instructions claires et fermes ont été données au gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) dont celle de veiller au respect de la réglementation relative au rapatriement des devises par les opérateurs économiques qui exportent. Il a aussi été demandé au gouverneur de la BCC de faire preuve de plus de rigueur dans la délivrance des exonérations à l'importation. « Le Premier ministre a demandé au gouverneur de la BCC de veiller au respect par tous les opérateurs économiques de l'obligation du rapatriement des devises après l'exportation de nos produits. Il est instruit d'appliquer de manière impeccable la réglementation en cette matière », a indiqué Jean Baudouin Mayo dans son compte-rendu fait à la presse. Et de poursuivre : « Nous demandons à ceux qui font des interventions malveillantes de s'abstenir parce que les moments sont exceptionnels. Il faut permettre à l'Etat de disposer de tous les moyens. Nous avons réaffirmé la légalité de la non-compensation des dettes de l'Etat ».

Il espère, ensemble avec les autres membres du Comité de conjoncture économique, que ces mesures vont porter des fruits surtout en cette période délétère que connaît le pays. Et, pensent-ils, n'eût été les appuis budgétaires salutaires du FMI et les émissions des bons du Trésor, le choc aurait pu être plus violent.

Notons que comité de conjoncture économique est composé des ministères du Budget, du Plan, du Travail et Prévoyance sociale, de l'Économie nationale, du Commerce extérieur, des Mines, des Finances, ainsi que de la BCC, auxquels sont associées, depuis le début de la crise sanitaire à coronavirus, la Fédération des entreprises du Congo et l'Association nationale des entreprises publiques.

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