Sénégal: Arrêt définitif du championnat en 1988 - La Jeanne d'Arc couronnée après 13 journées, Uso et Sonacos promues

15 Juillet 2020

En 1988, le championnat du Sénégal n'était pas allé à son terme. Le Comité de normalisation provisoire (Cnp) du football avait sifflé son arrêt définitif à la fin de la phase aller et déclaré la Jeanne d'Arc championne.

La Fédération sénégalaise de football (Fsf), à l'issue de la réunion de son Comité exécutif tenue mercredi dernier, a tranché pour une saison blanche dans toutes ses compétitions. Il n'y aura donc pas de champion, ni de promu ni de relégué.

Une décision qui ne fait pas l'affaire de Teungueth Fc qui avait réussi une belle première moitié de championnat (10 victoires et 3 nuls). Une performance qui avait placé le club rufisquois dans les meilleures conditions en vue d'un sacre historique.

Un vrai coup dur pour l'ensemble du club qui n'aura comme lot de consolation qu'une place africaine qui lui a été allouée. En Ligue 2, la Linguère, l'Us Ouakam et Demba Diop Fc qui filaient tout droit vers l'élite font aussi partie des clubs lésés.

Après une première partie de saison bien maîtrisée, le club saint-louisien (8 victoires, 4 nuls et une défaite), avait bien défriché son chemin pour retrouver la Ligue 1 après une année de purge.

Malheureusement, cette décision fédérale est venue plomber tous leurs efforts ; une situation qui a poussé les dirigeants nordistes à monter au créneau pour crier à l'injustice. Cette situation n'est pourtant pas une première dans l'histoire du football national. Elle a prévalu il y a ... 32 ans.

Jurisprudence Jeanne d'Arc ?

En effet, lors de la saison 1987-1988, le Cnp de football, à l'issue de sa séance extraordinaire du lundi 13 juin 1988, avait jugé opportun d'arrêter définitivement le championnat au terme d'une première partie fortement perturbée.

Et pour cause, la saison qui devait s'achever le 4 septembre n'en était, après six mois, qu'à la phase aller à la date du 12 juin.

Pour les motifs de l'arrêt définitif, Ibou Ndaw Kébé et ses collègues avaient évoqué la « fermeture du stade Demba Diop pour réfection », « l'hémorragie de beaucoup de clubs dont les effectifs étaient dilués dans les Asc de Navétanes », mais aussi « le démarrage des Navétanes qui risquait de perturber les compétitions ».

Ainsi, dans le sens de l'intérêt du football, le Cnp avait décidé, outre l'arrêt définitif du championnat, de la désignation du champion, du maintien des clubs de l'élite en première division et de l'accession de deux clubs de deuxième division dans l'élite. Référence avait été alors faite au classement pour décerner les lauriers.

La Jeanne d'Arc, vu son parcours (22 points en 13 rencontres, 10 victoires, 2 matchs nuls et une défaite) avait été sacrée championne de l'exercice. Le Port, classée 2e, avec 18 points (6 victoires, autant de nuls et une défaite) devait disputer la Coupe de l'Ufoa.

De même, le coup de gong du Cnp avait sauvé Gorée, lanterne rouge (11 pts), l'Us Rail, le Saltigué et l'Asfa à égalité de points (10) qui étaient au bord du précipice.

Cependant, en deuxième division, le Comité de normalisation avait décidé d'organiser les 4 journées restantes pour désigner les deux équipes qui accéderaient à l'élite ; ce qui porterait l'effectif à 16 pour la saison 1988-1989. Et les heureux élus étaient l'Us Ouakam et la Sonacos de Ziguinchor.

À l'époque, personne n'avait contesté le sacre des «bleu-blanc» qui avaient dominé la première partie de la saison. Mais aujourd'hui, avec la décision de la Fsf, beaucoup de club crient au scandale et évoquent la jurisprudence Jeanne d'Arc. Mais ça, c'était à une autre époque ; une époque où l'air de la professionnalisation n'avait pas encore soufflé sur le football local.

Plus de: Le Soleil

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