Congo-Kinshasa: Dialoguez !

Le mot dialogue est quasiment sur toutes les lèvres. La terminologie importe peu. Qu'on l'appelle concertations, discussions directes, consultations, échanges, évaluations ou dialogue, cela revient au même. La crise politique a atteint son paroxysme. Le nombre de manifestations de rue va sans cesse croissant. La coalition au pouvoir FCC - CACH est au bord de la rupture.

Au niveau de l'institution Gouvernement, l'on estime que l'heure de l'évaluation pour les sociétaires FCC - CACH a sonné. Le dialogue est inévitable pour la survie de cette alliance. Autrement, c'est la désintégration inévitable. Le Gouvernement Ilunga Ilunkamba appelle à la tenue urgente d'une réunion interinstitutionnelle.

Au cours de cette rencontre au sommet que doit vite convoquer le Président de la République, Félix Tshisekedi, il s'agira d'examiner les questions d'intérêt national qui divisent et de se convenir sur les voies et moyens susceptibles d'apaiser les tensions sociales et de consolider la cohésion nationale autour d'un idéal commun, celui du salut de la République.

Effectivement, il y a une vive tension. Inimaginable, le parti au pouvoir est descendu dans la rue. Il s'agit de l'UDPS qui a bravé les mesures prises par son autorité morale, le Chef de l'Etat actuel, en cette période d'Etat d'urgence sanitaire. La marche dite pacifique du jeudi 9 juillet a tourné au vinaigre. 6 morts, plusieurs blessés graves et de nombreuses interpellations selon les organisateurs, Jean-Marc Kabund et Augustin Kabuya. L'autre manifestation de rue, organisée cette fois par la coalition Lamuka, n'a heureusement pas connu de dégâts matériels, ni mort d'hommes. Mêmes revendications : Non à Ronsard Malonda à la tête de la CENI et non aux propositions de lois Minaku - Sakata, deux membres du FCC.

Pourtant, le Gouvernement de la République a décidé de traduire en justice les auteurs de ces marches non autorisées. Quelle sera la réaction des combattants de l'UDPS et des militants de Lamuka si Jean-Marc Kabund, Augustin Kabuya, Jean-Pierre Bemba se retrouvaient à la barre ? Le pays risquerait de brûler. Le CLC et le FCC entrent dans la dance sous peu.

Par ailleurs, le remue-ménage dans les institutions du pays plus qu'une nécessité. Beaucoup de vides à combler après la mise hors-jeu, notamment de Vital Kamerhe, Benoît Lwamba, Célestin Tunda, John Ntumba, Jean-Marc Kabund, Corneille Nangaa, ...

Les grandes réformes vont nécessiter le consensus national. Il est temps que les parties prenantes aussi bien à l'intérieur des institutions qu'en dehors se mettent autour d'une table pour une remise en question.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.