Cameroun: « Des brèches sont ouvertes sur la digue »

interview

Sede, sous-préfet de Maga.

Quelle est l'ampleur des dégâts suite aux inondations enregistrées ces derniers jours dans votre unité de commandement ?

Les dégâts des inondations dans notre arrondissement sont permanents. Les populations de l'arrondissement de Maga ont une forte culture de l'eau, ce qui fait qu'elles ne veulent pas déguerpir des zones à risques. Lors de la montée des crues, les eaux traversent pour les atteindre dans leurs cases, détruisant au passage leurs cultures et leur bétail ; et parfois ces eaux emportent des petits enfants innocents et sans défense. L'arrondissement est tellement vaste, et il n'est pas facile de maîtriser toutes les populations dans ces conditions.

Quelles sont les mesures prises pour sécuriser les personnes et les biens ?

Chaque année, le gouvernement de la République instruit aux autorités administratives de sensibiliser les populations, et c'est ce que nous avons fait. Il envoie également des moyens pour protéger les maisons. C'est ce que nous faisons en renflouant du sable dans des sacs pour empêcher le passage des eaux qui partent détruire les champs. Nous associons les chefs traditionnels dans ce travail. Nous avons mis à contribution les comités de veille qui alertent quand il y a risque d'inondation. Dans le même ordre d'idées, nous associons le comité de gestion du lac qui alerte l'autorité administrative chaque fois qu'il y a risque d'inondation et l'autorité administrative alerte la hiérarchie.

Quel est l'état des lieux de la digue de protection du barrage de Maga ?

La digue est en bon état, mais des brèches se sont ouvertes à certains endroits. Il y a risque de dégâts à ces endroits, précisément dans le village Alvakaï situé à une quarantaine de kilomètres de Maga. Ces populations sont constituées à 80% des jeunes. C'est un peuple de l'eau. Ils ont une culture de l'eau, mais nous, en matière de protection civile, on leur a dit de quitter cet endroit pour un village voisin et revenir à la fin de la saison des pluies. L'Etat les a même indemnisés mais ils ne veulent pas partir.

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