Cameroun: Riz - Importations record

D'après des données du ministère du Commerce, le Cameroun a dépassé la barre de 800.000 tonnes en 2019, alors qu'on parle de renforcer la production locale.

Ce sont au total dix opérateurs qui ont importé du riz au cours de l'année 2019, pour une très grande quantité. « Il ressort des statistiques officielles que le Cameroun a effectivement importé, au cours de l'année 2019, le volume record, jusque-là inégalé de 803.505 tonnes de riz », peut-on lire dans une correspondance du ministre du Commerce au président du groupement des importateurs de riz du Cameroun. Le document ne précise cependant pas les sommes qui ont été nécessaires à ces importations. On sait néanmoins que l'importation du riz coûte en moyenne 160 milliards de F par an au Cameroun. Si l'on s'en tient donc à cette correspondance, la quantité de riz importé au Cameroun a fait un grand bon, les dépenses y relatives également.

En effet, c'est depuis la fin des années 2000 que les importations de riz ont connu une hausse. Pour être plus précis, ce sont 552 472 tonnes qui sont entrées sur le sol camerounais en 2000 pour une valeur de 156,6 milliards de F. A partir de 2010, c'est moyenne en 632 000 tonnes qui sont importées par an, du fait de l'accroissement de la démographie en zone urbaine, notamment. Au cours des cinq dernières années, les quantités sont allées croissantes, bien évidemment avec les dépenses conséquentes. L'Institut national de la Statistique indiquait dans une note en 2018 qu'en 2007, le Cameroun a importé 728 443 tonnes de riz pour une valeur de 183,7 milliards de F. Soit une hausse de 18,6% en quantité et 27,9% en valeur par rapport à 2016. Entre 2015 et 2017, ce sont 508,5 milliards de F qui ont été claqués pour des importations de riz. Des importations qui semblent même dépasser les besoins locaux.

Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural indiquait, au cours d'un conseil de cabinet qu'en 2020, que la demande domestique est évaluée à 576 949 tonnes. Une donnée qui révèle donc un gap énorme entre les quantités importées et la demande nationale, surtout qu'il existe quand même une production locale, aussi infime soit-elle. En 2020 par exemple, elle était estimée en moyenne à 140.710 tonnes. Où va donc la quantité flottante ? Difficile d'avoir une réponse auprès des importateurs. Mais selon certaines sources, cette sur-importation termine son voyage dans certains pays voisins. Toujours est-il que le Cameroun n'est pas prêt de sortir de l'auberge au vu de la production nationale qui reste faible. En tout cas, le gouvernement poursuit sa réflexion pour booster sa production et ainsi contribuer à la réduction de la balance commerciale. Le sujet a encore été abordé au cours du conseil de cabinet de juin dernier. Les ministres de l'Agriculture et du Commerce avaient alors énuméré la batterie de mesures en cours de mise en œuvre ou déjà implémentées pour inverser la tendance.

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