Congo-Brazzaville: Couleurs de chez nous - Vivre-ensemble ?

Le concept a été remis au goût du jour et domine désormais le discours politique en Afrique et au Congo. Ce concept est une invite faite aux différentes communautés de faire de la tolérance une attitude afin d'assoir l'unité nationale.

Seulement, dans le cas du Congo, si ce concept est compris par les personnes nées avant les années 1980, il n'a pas le même impact chez les moins de trente ans qui, assurément, auraient de la peine à en cerner les contours. Parce que l'environnement dans lequel ils vivent les place loin des contraintes ethniques.

C'est à ce titre qu'ils ont opté pour un autre concept à savoir : « Le quartier d'abord ! ». Pour les gens nés en ville, « le vivre-ensemble » suppose d'abord cette capacité à s'élever pour regarder l'autre comme un frère, une sœur et, partant, un compatriote malgré son appartenance à une autre ethnie. Derrière ce concept semble se lire un appel à la cohabitation des ethnies ou des départements pour consolider l'unité nationale alors que « Le quartier d'abord » se veut comme une attitude citoyenne.

Si « le vivre-ensemble » peut être considéré comme une juxtaposition des communautés, « Le quartier d'abord » est un ensemble cohérent fait de gens nés dans un même espace qu'est le quartier et qui s'acceptent au-delà de leurs âges, rang social, race, sexe, religions, idéologies, niveau d'étude, etc.

Loin d'engager une étude sociologique des concepts, il n'est pas faux de dire que les défenseurs de ce dernier concept revendiquent le quartier comme leur patrimoine. Pour eux, le développement du pays doit partir par des quartiers ou des entités administratives et non à partir de celui des ethnies ou communautés.

A propos du vivre-ensemble, bien de Congolais restent interrogateurs sur ce concept car, disent-ils, les signes et exemples sont légion pour témoigner d'une vie sans barrières entre eux. Les mariages et les amitiés en sont de parfaites illustrations pour avoir donné naissance à une catégorie de Congolais jadis qualifiés de « café au lait ». Ces Congolais dont les patronymes contrastent souvent avec bien d'éléments de culture que sont la langue parlée, l'art culinaire ou l'art de vivre.

En effet, il n'est pas rare de trouver un Makosso censé appartenir au département du Kouilou qui ne sait ni parler le kituba ni le vili ou un Iloki qui réprouve le plat de ngoki (caïman) alors que le mets est prisé dans la contrée de ses aïeux. Il en est de même pour les nommés Ntsiba ou Ampion qui ne portent plus de balafres tout comme certains individus dits Moye, Likouba, Bomitaba qui sont incapables de braver les eaux. Bien plus : ce n'est plus en kouélé ou en Sangha Sangha qu'on interpelle les gens à Ouesso. Même les quartiers sud de Brazzaville sont en pleine mutation linguistique. Et que dire de ces Congolais qui, depuis des années, donnaient à leurs progénitures les noms de leurs amis « d'ailleurs » pour exprimer l'unité nationale ?/-

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