Ile Maurice: Avec des timbres, les Britanniques font un pied de nez à Maurice dans le contexte de Chagos

Maurice n'a jamais reconnu le British Indian Ocean Territory (BIOT), dont est censé faire partie l'archipel des Chagos. Cependant, les Britanniques ont décidé d'émettre des timbres, mettant en avant justement ce «territoire». Un autre «move» décrit comme une énième provocation à Maurice...

Depuis le 23 mars dernier, cinq timbres illustrés par des pho- tos d'espèces de crustacés se trouvant dans l'aire protégée des Chagos sont en vente sur le site du British Indian Ocean Territory (BIOT). Ces timbres, d'une valeur de 60 pence à 5 livres sterling, sont illustrés par des photos du Strawberry Hermit, du Land Crab, du Coconut Crab, du Horned Ghost Crab et du Mottled Lightfoot Crab. Ils peuvent être commandés sur le site d'achats Paypal du bureau de poste du BIOT à Diego Garcia et dans des commerces en Angleterre.

Or, Maurice n'a jamais reconnu le BIOT, encore moins, que les Chagos en font partie.

« (..) it has always been the unequivocal stand of Mauritius that the Chagos Archipelago, including Diego Garcia, and the Island of Tromelin form an integral part of the territory of Mauritius. Mauritius does not recognise the so-called "British Indian Ocean Territory", which the United Kingdom purported to create by illegally excising the Chagos Archipelago from the territory of Mauritius prior to its accession to independence (... )», avait affirmé l'ancien Premier Ministre, sir Anerood Jugnauth, lors d'une séance parlementaire en 2016 à la suite d'une Private Notice Question du leader de l'opposition de l'époque, Paul Bérenger, sur la zone de protection marine de l'archipel des Chagos.

Aucune surprise donc si cette nouvelle démarche des Britanniques est considérée comme une provocation à Maurice. D'autant que le 25 mai, les Nations unies ont reconnu l'archipel comme faisant partie du territoire mauricien sur la carte mondiale.

Olivier Bancoult, représentant du Groupe Réfugiés Chagos et Sateeaved Seebaluck, conseiller spécial du gouvernement chargé du dossier de la résolution des Chagos, crient quant à eux, à la malhonnêteté.

«C'est un mauvais signe pour le peuple chagossien», constate Olivier Bancoult. «Les Britanniques font preuve de mauvaise foi et ne respectent clairement pas la décision de l'Assemblée générale des Nations unies.»

Sateeaved Seebaluck pour sa part qualifie les actes du gouvernement britannique de malsains. «C'est une preuve que ces gens ne sont pas raisonnables. Je trouve cela malsain qu'ils campent sur leur position de souveraineté sur Maurice.» Il ajoute que c'est d'ailleurs un affront qu'ils font au droit international ainsi qu'à la Cour Internationale de Justice.

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