Congo-Kinshasa: Félix Tshisekedi veut reprendre en main l'armée et la justice

Président de la RDC, Felix Tshisekedi
20 Juillet 2020

Le président congolais a nommé des proches à des postes jusque-là occupés par des fidèles de l'ancien président Kabila.

Depuis sa prise de fonction en janvier 2019, Félix Tshisekedi n'a pas cherché à prendre la main sur les hauts gradés de l'armée comme il a pu le faire vis-à-vis des institutions civiles. Mais aujourd'hui, quoi que prudent, ce changement opéré par le président congolais prouve son changement de stratégie.

Plusieurs analystes estiment qu'il n'est pas simple de trouver des officiers expérimentés et disposant d'une réelle autorité en dehors des officiers proches de l'ancien président Joseph Kabila.

« Changement effectif beaucoup trop tôt »

Pour Christoph Vogel, chercheur spécialisé sur le Congo et ancien membre du groupe d'experts de l'ONU sur la RDC, les avis sont partagés sur les enjeux de ce remaniement au sein de l'armée:

"Les commentateurs ne sont pas forcément de la même opinion. Il y en a certains qui disent que le remplacement de Numbi à la tête de l'Inspection générale est, en effet, un changement majeur qui montre que le président Tshisekedi s'est imposé sur cette question. Et il y en a d'autres qui disent qu'il est beaucoup trop tôt pour parler d'un changement effectif."

Tshisekedi a ainsi mis à l'écart le général d'armée John Numbi qui fait l'objet de sanctions américaines et européennes. John Numbi a été remplacé au poste d'Inspecteur général de l'armée par le général Gabriel Amisi, également sous sanctions.

Nominations sans consulations avec le Premier ministre?

Le nouvel Inspecteur général des armées, Gabriel Amisi, aura pour adjoint le général Muhindo Akili Mundos, également sous sanctions de l'Union europénne. Tous deux seront tenus éloignés des opérations sur le terrain.

Ces nominations interviennent en pleine crise politique au sein de la coalition au pouvoir FCC-CACH. Et selon plusieurs sources, le premier ministre issu du FCC de Joseph Kabila n'a pas été consulté.

Cette nouvelle organisation suffira-t-elle à soutenir une nouvelle gouvernance en matière de défense? Christoph Vogel reste dubitatif:

"Il reste à voir si cela est vraiment un changement dans la gouvernance militaire. Il y a plusieurs généraux qui ont été retirés des opérations et ont reçu des nouveaux postes plus administratifs, notamment l'inspection. Il reste certainement à voir si cette rotation ou ce jeu des chaises musicales va effectivement changer les choses sur terrain".

L'autre bataille du président, selon son entourage, est le contrôle de l'appareil judiciaire. Là aussi, Félix Tshisekedi a opéré plusieurs changements, notamment au sein de la Cour constitutionnelle.

Plus de: DW

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