Congo-Kinshasa: La polémique autour de la nomination de Ronsard Malonda à la Céni se poursuit

Après plusieurs manifestations de protestation, y compris de son propre parti, le président Tshisekedi a informé la chambre basse du Parlement qu'il n'investirait pas, à la tête de la nouvelle commission, Ronsard Malonda. Or cette candidature, qui divisait les confessions religieuses, a été validée par l'Assemblée nationale, dominée par la coalition de l'ex-président Joseph Kabila. Pour la société civile, on ne sortira pas de cette crise sans une réforme de fond.

Pour Bishop Abraham Djamba, à la tête d'une des principales missions d'observation électorale aux derniers scrutins, le premier obstacle à la mise en place d'un climat de confiance, c'est l'opacité qui entoure toute la procédure de désignation des membres de la Commission électorale, y compris par la société civile.

« Les citoyens congolais n'ont appris le déclenchement du processus de désignation du président, que lorsqu'il y a eu scandale. Donc nous pensons qu'il faut qu'il y ait de la transparence. C'est-à-dire, une publicité autour de cela, pour contribuer dans les témoignages et autres, sur la personnalité des membres de la Céni. C'est très important », estime en effet Bishop Abraham Djamba.

Une Céni trop politique

Pour l'abbé Lomandja, ancien expert électoral de l'Église catholique, la Commission électorale est, par nature, trop politique. Dix de ses treize membres sont désignés par la majorité et l'opposition représentées à l'Assemblée nationale, elles-mêmes issues d'élections contestées.

« Malgré l'intégration marginale de la société civile, le modèle d'administration électorale n'a pas changé en République démocratique du Congo, explique l'abbé Lomandja. Depuis 2003, on a choisi un modèle politique de la Céni. La corruption fait que les membres de la société civile, par exemple, et même les membres de l'opposition à la Céni, sont ou peuvent être achetés par le pouvoir en place. »

Pourtant, les membres du bureau de la Céni ont des salaires de ministres. Insuffisant, semble-t-il, pour garantir leur indépendance et faire taire les accusations de corruption.

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