Madagascar: Examens d'inconscience

Auront, n'auront pas lieu? Aussi bien les élèves que leurs parents se demandent, s'interrogent sur la tenue ou non des examens officiels. CEPE, BEPC et baccalauréat, programmés au mois de septembre et octobre. À ce propos, la télévision RTA, dans son émission « ça me dit », animée par Heritiana Ny Anjarason, a évoqué ce délicat sujet, avec ses invités, sous plusieurs angles. Le vrai souci vient de cette déclaration présidentielle selon laquelle pic de la pandémie, nombre des contaminés, cas graves et décès liés au coronavirus devraient être atteints au mois d'août. Alors que les tout-petits devront plancher le 1er septembre.

Par expérience, en Espagne, en Italie et en France, la décrue tant attendue n'a pas été aussi soudaine que la remontée était brusque sur la courbe en cloche. Aussi, des voix exigent que les conditions requises pour pouvoir respecter cette première échéance soient déterminées bien à l'avance. Et ne pas attendre le dernier moment pour tout organiser avec les conséquences qui pourront en découler.

L'autre préoccupation concerne la disposition d'esprit de ces potaches à affronter ces épreuves à la fois mentales et psychologiques. Eux qui devaient composer le 7 juillet sont contraints de passer des vacances chez eux. Même pour les plus démunis, comme Jessica, dix ans, ayant accepté de témoigner devant les caméras et micros de la RTA, les tentations de laisser de côté les leçons et les devoirs à la maison au profit des loisirs et divertissements.

Pour elle, dans son humble demeure, il n'est pas question de jeux-vidéos ou de cours en ligne. Et sa grand-mère, affairée à faire la lessive, affirme, dans un sourire timide, qu'elle suit de près les révisions faites par sa petite fille. Mais a-t-elle les aptitudes intellectuelles pour ce suivi quotidien, s'interroge-t-on sur le plateau de la RTA. Elle n'est pas la seule pouvant avoir des difficultés à suppléer le travail des enseignants.

Les débatteurs ont déduit que l'année blanche ne serait pas la solution. Du temps perdu pour les enfants, de l'argent jeté à la fenêtre pour les parents qui ont beaucoup investi dans l'achat des fournitures et le paiement des frais de scolarité. Que l'État prenne ses responsabilités, ont-ils proposé. Mais il existe un autre cas préoccupant. Celui des élèves des classes intermédiaires. Vont-ils être admis à l'étage supérieur sans forcément avoir le niveau?

Pour le baccalauréat, les péripéties suite à la fuite des sujets l'année passée, sont encore dans toutes les mémoires et la crainte d'un diplôme dévalorisé hante la nuit des candidats. La solution de facilité à la française, notation sur les contrôles continus, n'est pas tellement l'exemple à suivre. Le taux de réussite, 95%, a fait réfléchir. Rappelant la comédie « Les sous doués passent le bac ». Un film de Claude Zidi qui a fait connaître Daniel Auteuil. Un surdoué du septième art.

Plus de: L'Express de Madagascar

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