Congo-Kinshasa: Covid-19 et contractions des recettes - Matata : « Le collectif budgétaire, une nécessité »

En vue de pallier la dégradation du tissu économique et d'en susciter la relance en s'adaptant à la conjoncture actuelle de Covid-19, il est une nécessité de recourir à un collectif budgétaire qui modifie la loi de finances 2020.

C'est ce qui ressort du 3ème numéro du bulletin économique quadrimestriel du Think Tank « Congo Challenge » dirigé par le Premier ministre honoraire, Augustin Matata Ponyo, dont la présentation officielle a eu lieu le lundi 20 juillet, à Kinshasa.

Les mesures édictées par le gouvernement central depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus en République démocratique du Congo n'aura pas laissé sans conséquence les finances publiques caractérisées par la faible mobilisation des recettes au premier quadrimestre 2020.

Un fait qui se justifie, selon le Think Tank « Congo Chalenge », par les chocs internes liés à la Covid-19 observés à la suite de l'état d'urgence sanitaire décrété par le président de la République ; la résurgence de l'épidémie d'Ebola à l'Est du pays ; le ravage des criquets pèlerins venant de la Corne de l'Afrique et la persistance de l'insécurité à l'Est du pays.

Cependant, face à cette situation qui entraîne la dégradation continue des finances publiques, le Premier ministre honoraire, Augustin Matata Ponyo, dans ce 3ème numéro du bulletin économique quadrimestriel de « Congo Challenge » évoque « la nécessité de revoir la loi de finances 2020 par un collectif budgétaire pour s'adapter à la conjoncture ».

Le professeur Matata Ponyo a réitéré cet appel au cours de la cérémonie de présentation de ce volume qui a eu lieu le lundi 20 juillet 2020, dans les installations de ce prestigieux cabinet d'études situées à Gombe (Kinshasa).

Faisant l'économie de cette édition placée sous le thème « Des perspectives économiques mondiales négatives en 2020 sur fond d'une récession et dans son parcours, une économie congolaise piégée par les mesures de confinement contre la Covid-19 », Augustin Matata a relevé le fait que tous les pays, de manière générale, paie le lourd tribut des effets pervers de la pandémie de Covid-19 sur l'économie mondiale.

En République démocratique du Congo, a-t-il poursuivi, « ceux-ci se caractérisent principalement par la baisse drastique des recettes fiscales, le déficit des finances publiques ainsi que la dépréciation de la monnaie nationale. Ce sont des conséquences directes qui nécessitent à tout prix de jouer sur les équilibres, réajuster les dépenses publiques ; bref, prendre à bras-le-corps un certain nombre de mesures pour permettre de stabiliser relativement l'économie ».

Il sied de noter que ce numéro fait également un tour d'horizon de la situation politique générale, du niveau national aux entités territoriales décentralisées.

Ce bulletin de « Congo Challenge » revient également sur l'élaboration, par le gouvernement, du Programme multisectoriel d'urgence d'atténuation d'impacts de la Covid-19 (PMUAIC-19). Lequel programme prévoit notamment quatre scenarii de croissance de l'économie congolaise dont scénario optimiste (1,5%), scénario médian (0,5%), scénario catastrophe (3,4%.) et scénario plaidoyer en cas des appuis budgétaires (-1,93%).

Par ailleurs, des sujets relatifs, entre autres, au choc sanitaire de la Covid-19 avec des répercussions graves sur l'économie en raison de sa forte dépendance sur l'économie mondiale, particulièrement de la Chine, premier partenaire national et qui représente 16% du PIB mondial, n'ont pas été escamotés.

Ce troisième numéro du bulletin économique quadrimestriel de « Congo Challenge » prévient également sur l'important resserrement du marché de travail, lequel se traduirait par une importante destruction d'emplois aussi bien formels qu'informels, des licenciements massifs ou mises en congé technique, et une baisse d'opportunités d'embauche, surtout pour les jeunes et les femmes.

Plus de: Le Potentiel

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