Afrique: Davantage d'aires protégées pour renforcer les bénéfices économiques

22 Juillet 2020

A en croire un rapport, protéger 30% de la surface de la terre d'ici à 2030 pourrait se traduire par de plus grandes opportunités pour les économies émergentes, comme celles d'Afrique.

Selon le Forum économique mondial, la perte des différentes formes d'organismes vivants sur terre - connus sous le nom de biodiversité - y compris ceux sur terre et en mer pourrait menacer l'économie mondiale.

Le projet de cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020 vise à faire passer l'objectif des aires protégées de 17% actuellement à 30% de surface d'ici à 2030.

Alors que le rapport, publié le 8 juillet par Campaign for Nature (Campagne pour la nature), note que certains scientifiques ont fait valoir que ce nouvel objectif pourrait nuire aux gains économiques des secteurs de l'agriculture, de la foresterie et de la pêche, il soutient que l'économie mondiale bénéficierait de mesures de conservation plus larges. .

« Notre analyse financière a montré que l'extension des aires protégées à 30% générerait une production globale (revenus) plus élevée que la non-expansion (64 à 454 milliards de dollars supplémentaires par an d'ici 2050) », indique le rapport qui résulte des travaux de plus de 100 économistes et scientifiques. Enric Sala, co-auteur du rapport et écologiste marin à la National Geographic Society basée aux États-Unis, affirme que l'Afrique possède de nombreuses zones protégées, y compris des parcs nationaux, mais qu'il existe une tension entre la protection et la production.

Commentant le rapport, Michael O'Brien-Onyeka, vice-président de la division Afrique de Conservation International, affirme que les économies en développement dépendent de la nature pour leurs revenus à travers le tourisme et pour leur subsistance grâce aux petites pêcheries côtières.

Il ajoute que sans la protection de la nature, leurs économies seraient fortement affectées, avec de graves conséquences sur la santé et le bien-être.

« L'Afrique possède un capital naturel extrêmement précieux qui profite aux communautés locales, au gouvernement au plan national et finalement à la population mondiale au niveau international », dit-il. Ajoutant que « la forêt du Congo, par exemple, est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, agissant comme un important puits de carbone, et donc un écosystème clé à protéger ».

Selon le rapport, le nombre de touristes en Afrique devrait doubler d'ici 2030, 80% de ces visites étant motivées par l'observation de la faune.

« Compte tenu des récentes restrictions de voyage associées à la COVID-19, nous soulignons que même si les revenus du tourisme de la nature étaient réduits de moitié après 2030 par rapport à leur valeur projetée, l'expansion des aires protégées entraînerait toujours un gain de production net », ajoute le rapport.

Santé et bien-être

Enric Sala explique que, alors que les nations s'attaquent aux répercussions de la COVID-19, la promotion de la conservation de la nature est essentielle pour « créer des emplois, assurer notre santé et notre bien-être économique futurs, stabiliser notre climat et protéger la biodiversité ».

Il appelle les gouvernements africains à élaborer des plans pour identifier les priorités de conservation et mettre en œuvre un calendrier de conservation, réorienter les financements publics actuellement utilisés pour subventionner les activités qui détruisent la nature et inciter le secteur privé à investir dans la conservation de la nature.

Michael O'Brien-Onyeka indique à SciDev.Net qu'un avantage de l'augmentation des aires marines protégées est que cela permettrait aux stocks de poissons de se reconstituer, ce qui conduirait à des populations de poissons plus saines et à des volumes de capture plus élevés.

« Les forêts permanentes jouent un rôle clé au sein des communautés africaines à travers le continent en tant que source de nourriture et de plantes médicinales, ainsi que d'importants sites culturels. La protection et le maintien des forêts permanentes peuvent empêcher la propagation de maladies zoonotiques en limitant l'exposition de la faune aux humains », ajoute-t-il.

« Il est nécessaire de refléter la valeur réelle de la nature, d'en tenir compte dans la prise de décision et de concevoir des politiques et des stratégies appropriées et durables pour sauvegarder cet atout pour les générations futures », conclut Michael O'Brien-Onyeka.

Références

Anthony Waldron and others Protecting 30% of the planet for nature: costs, benefits and economic implications (Campaign for Nature, July 8, 2020)

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