Congo-Kinshasa: Le FCC confondu par ses propres archives

23 Juillet 2020

Chaque fois que le professeur André Mbata affirme que la maîtrise de la Constitution est d'abord et avant tout l'affaire des « constitutionnalistes » et que tout juriste, même professeur de droit, n'est pas « constitutionnaliste », on croit qu'il exagère. L'histoire vient de démontrer, à travers les récents communiqués du Premier ministre et du FCC (Front Commun pour le Congo), au sujet des notions de « contreseing » et d'« interim », qu'il a mille fois raisons. Certes, les notions querellées relèvent du droit administratif mais il est apparu, dans l'ensemble, une ignorance criante de l'esprit et de la lettre de notre loi fondamentale dans son ensemble.

Le problème, c'est que les personnalités impliquées dans la controverse ont pour la plupart l'initiative des lois, parce que membres du Gouvernent, de l'Assemblée Nationale ou du Sénat. Comment peuvent-ils faire des bonnes lois si elles n'ont pas une connaissance suffisante de notre loi fondamentale ?

La situation est alarmante comme l'atteste cette terrible confusion semée dans les esprits par des personnes de mauvaise foi qui voulaient, par une interprétation erronée de la Constitution, mettre à mal le Chef de l'Etat. Malheureusement pour eux, leurs calculs ont été déjoués et les voici maintenant couverts d'opprobre.

Le plus surprenant dans cette affaire, c'est la découverte que tous les analystes viennent de faire. En effet, alors que la Constitution en vigueur date du 18 février 2006, il est désormais établi que la plupart de Congolaises et Congolais ne l'ont jamais lue. Même ceux qui ont eu à bénéficier de nominations et à exercer des fonctions sur la base de ce soubassement juridique n'en ont, pour la plupart, qu'une vague connaissance.

Il est fort dommage que la classe politique congolaise, celle-là même qui devrait éclairer le peuple sur les prescrits de la loi fondamentale, brille par une ignorance criante des dispositions constitutionnelles. Il ne faut pas, dans la lecture ou la relecture de la Constitution, s'accrocher à un seul article mais s'intéresser à ceux qui viennent avant comme après, de manière à ne pas courir le risque de se tromper lourdement. Car le texte constitutionnel est un ensemble cohérent et pour mieux le comprendre, il est recommandé d'en maitriser les différentes articulations.

Compte tenu des dégâts que ne cesse de provoquer, au sein de l'opinion nationale, le déficit de connaissance de la Constitution par des membres de notre classe politique, Le Phare se fait l'impérieux devoir de mettre, à la disposition de tous, ce précieux document. Il s'agit d'un exercice de remise à niveau dont il faut espérer qu'il profitera au plus grand nombre.

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