Ouganda: L' application Ride-Hailing livre des contraceptifs à la porte de ses utilisateurs

Lorsque Betty Nagadya traverse le centre commercial en rentrant chez elle, elle chante en luganda, la langue locale: « SafeBoda, SafeBoda, qui a besoin d'un casque ? A ceux qui ont froid, j'ai un manteau pour vous. ». Cette chanson ne parle pas de vêtements, mais de préservatifs.

Mme Nagadya est volontaire dans l'équipe de santé du village. Elle distribue des préservatifs dans sa communauté, en partenariat avec la société de taxis motos SafeBoda, dans le cadre de la réponse à la pandémie de la COVID-19.

Pendant le confinement en Ouganda, les contraceptifs et autres fournitures de santé reproductive - tels que les tests de dépistage du VIH, les tests de grossesse, et les kits pour femmes enceintes qui contiennent les fournitures pour des accouchements propres et sûrs - sont rares.

Mais désormais, ces articles peuvent être commandés via l'application populaire SafeBoda, et livrés directement à la porte des utilisateurs.

La chanson de Mme Nagadya permet de faire connaître ce nouveau service. Et son ouverture d'esprit incite les membres de la communauté à lui poser des questions. Beaucoup le font, surtout les jeunes.

« Beaucoup d'entre eux hésitent encore à parler de l'utilisation du préservatif », a-t-elle déclaré. « Mais quand je chante ma chanson, ils comprennent ce que je veux dire, alors ils viennent me poser des questions.

Je leur apprends à utiliser les préservatifs et je leur en donne. Je vais aussi dans des endroits où je sais qu'il y a des gens qui pourraient en avoir besoin », a-t-elle déclaré.

Une appli à la rescousse

Même avant la pandémie, il était nécessaire d'élargir l'accès aux services et fournitures de santé sexuelle et reproductive.

Par exemple, selon des rapports récents, environ 19% des femmes ougandaises souhaitent prévenir ou retarder une grossesse, mais n'utilisent pas de méthode de contraception.

L'épidémie du COVID-19 n'a fait qu'aggraver la situation. Les interruptions de la chaîne d'approvisionnement et les restrictions de transport ont limité la disponibilité d'un large éventail de fournitures essentielles de santé reproductive.

En réponse, l'UNFPA, en collaboration avec des responsables de la santé, Marie Stopes et SafeBoda, et avec le soutien financier de l'ambassade de Suède en Ouganda, a créé une boutique en ligne où les particuliers peuvent commander les produits dont ils ont besoin.

En rendant la boutique disponible via l'application largement utilisée SafeBoda, les organisateurs ont pu atteindre une base d'utilisateurs étendue.

Lorsqu'un utilisateur commmande un article, l'application identifie la pharmacie qui l'a en stock la plus proche, dans un rayon de 7 kilomètres. Puis un pilote SafeBoda le récupère et le livre.

Les chauffeurs de SafeBoda livrent également des produits de contraception dans les centres de santé locaux - où les membres des équipes de santé comme Mme Nagadya les récupèrent pour les distribuer - aidant à combler les lacunes de la chaîne d'approvisionnement.

La plupart des articles de santé reproductive de la boutique en ligne sont subventionnés et peu coûteux. Des préservatifs fournis gratuitement par le gouvernement peuvent également être commandés.

Tous les frais de livraison ont été supprimés pendant la période pandémique. Le service se poursuivra après COVID-19, moyennant des frais de livraison nominaux.

Repenser les services pour les jeunes

Pour les utilisateurs de l'application SafeBoda, ce nouveau service constitue une grande avancée, « en particulier [pour] les choses que nous craignons de commander en vente libre », a déclaré Flora Peace, de Nansana. « Je suis sûre que la plupart des gens y sont enthousiastes. »

De nombreux chauffeurs sont également satisfaits du développement.

Moses Okanya a 25 ans. Il est chauffeur chez SafeBoda, et a livré des boîtes de préservatifs à l'hôpital St Francis de Kakiri. Pour lui, cette nouvelle responsabilité est gratifiante.

« Je me sens utile dans la sensibilisation des jeunes de mon âge, parce que s'il n'y avait pas de préservatifs à l'hôpital, ils se mettraient en danger. Je suis fier d'en mettre à leur disposition », a-t-il déclaré.

M. Okanya prend des précautions pour empêcher la propagation du COVID-19 tout en travaillant, en portant diligemment un masque et en utilisant du désinfectant pour les mains.

Dans le même temps, il veut s'assurer que la crise du COVID-19 ne conduise pas à négliger les autres besoins de santé. « Nous pourrions mettre davantage l'accent sur le COVID-19, mais nous perdrions des personnes atteintes d'autres maladies qui existaient déjà », a-t-il déclaré.

Le moment est venu d'envisager de nouvelles solutions aux problèmes qui durent, a déclaré le représentant de l'UNFPA en Ouganda, Alain Sibenaler.

« Nous avons dû réfléchir et devenir plus innovants pour que les informations et services liés à la santé sexuelle et reproductive atteignent les femmes et les jeunes », a-t-il déclaré.

Plus de: UNFPA

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