Tchad: Le conseil d'administration du FMI approuve un décaissement supplémentaire de 68,49 millions de dollars et note l'annulation de l'accord au titre de la facilité élargie de crédit

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Washington - Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé aujourd'hui en faveur du Tchad un décaissement au titre de la facilité de crédit rapide (FCR) pour un montant de 49,07 millions de DTS (environ 68,49 millions de dollars, ou 35 % de la quote-part du pays).

Il s'agit du deuxième décaissement en trois mois au titre de la FCR pour satisfaire les besoins de financement extérieur qui résultent de la pandémie de COVID-19 : ce décaissement porte à 133,19 millions de DTS (183,60 millions de dollars) le total de l'aide d'urgence accordée par le FMI au Tchad depuis le début de la pandémie.

Le conseil d'administration note aussi l'annulation de l'accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC), qui devait arriver à expiration à la fin septembre 2020

Le double choc de la pandémie de COVID-19 et de la détérioration des termes de l'échange a entraîné une détérioration des perspectives économiques du Tchad depuis le premier décaissement au titre de la FCR le 14 avril 2020.

Depuis lors, les autorités ont adopté des mesures d'endiguement (notamment un couvre-feu et la fermeture des marchés et des magasins non essentiels), qui ont permis de limiter la propagation de la pandémie. Cependant, ces mesures ont eu pour conséquence inévitable de freiner davantage l'économie.

Les positions budgétaire et extérieure se sont détériorées aussi, du fait de la baisse des recettes d'exportation et des recettes pétrolières et non pétrolières, en plus des dépenses plus élevées que prévu qui ont dû être engagées pour juguler la crise de la COVID-19.

Les autorités tchadiennes ont continué d'agir vigoureusement pour mettre à niveau le système de santé et limiter les répercussions économiques de la pandémie. Elles ont pris des mesures supplémentaires depuis le premier décaissement au titre de la FCR afin d'aider les ménages et les entreprises à faire face aux conséquences de la pandémie.

Le deuxième décaissement du FMI au titre de la FCR fournira une aide opportune en vue de la mise en œuvre des mesures supplémentaires que les autorités prendront pour faire face à la crise de la COVID-19 et en atténuer les graves répercussions.

Les autorités prennent aussi des mesures pour garantir la transparence de l'utilisation des ressources liées à la COVID et à en prendre la pleine responsabilité, avec notamment un audit ex post des dépenses liées à la crise et la publication des contrats de marchés publics liés à la crise.

À l'issue du débat du conseil d'administration au sujet de la demande du Tchad, M. Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration ci-après :

« Le double choc de la pandémie de COVID-19 et de la détérioration des termes de l'échange continue de peser lourdement sur l'économie tchadienne.

Les perspectives macroéconomiques se sont encore détériorées : la contraction de l'économie sera plus marquée et les besoins de financement de la balance des paiements et du budget seront plus élevés. Les perspectives économiques risquent d'être révisées à la baisse.

« En réponse à ces chocs, les autorités continuent de prendre des mesures fortes pour endiguer la propagation du virus au sein de la population et atténuer les répercussions de la crise.

Il s'agira principalement d'augmenter les dépenses de santé, de protéger les populations les plus vulnérables des effets de la crise et de venir en aide aux ménages et au secteur privé. Les autorités renforceront aussi la transparence et le suivi de l'aide d'urgence.

« Pour sauver des vies et aider ceux qui sont les plus touchés par la pandémie, les autorités vont laisser le déficit budgétaire se creuser temporairement afin d'accroître les dépenses de santé publique et d'absorber le choc de la forte baisse des prix du pétrole. L'aide d'urgence du FMI contribuera à la riposte des autorités et aidera à mobiliser le soutien des donateurs.

« Une fois que la crise s'atténuera, les autorités devront être prêtes à mettre fin progressivement aux mesures d'urgence temporaires. Un ajustement budgétaire sera nécessaire à moyen terme, d'autant que les prix du pétrole devraient rester bas : il s'agira notamment de mettre fin aux mesures temporaires du côté des dépenses.

« La vulnérabilité liée à la dette publique demeure élevée et les autorités devront continuer de s'abstenir de contracter des emprunts non concessionnels conformément aux engagements qu'elles ont pris dans le cadre de l'initiative de suspension du service de la dette et des modalités de la politique de financement du développement durable de la Banque mondiale. »

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