Cote d'Ivoire: L'Élysée dans l'embarras, la note secrète de Washington sur la candidature de Ouattara de briguer un troisième mandat

Le microcosme politique ivoirien qui est plongé dans une situation inédite depuis le 8 juillet 2020, date du décès du Premier ministre et candidat du pouvoir, attise les velléités d'un passage en force, prémédité par le camp présidentiel, qui tient contre vents et marées, à ramener le président sortant Alassane Ouattara dans la course présidentielle d'octobre prochain, malgré le caractère inéligible de ce dernier, qui est à fortiori en fin de mandat.

Ce jeu de yoyo agace embarrasse l'Élysée et agace Washington. Selon des informations exclusives obtenues par Confidentiel Afrique, Emmanuel MACRON et son cabinet ne veulent pas du tout, entendre d'un troisième mandat du président OUATTARA. Notre source est catégorique: «Paris n'agrée pas une candidature pour un troisième mandat du Président Ouattara » Idem pour Washington qui suit de très près l'évolution de la situation politique de la Côte d'Ivoire.

Selon des informations exclusives autorisées parvenues à Confidentiel Afrique, à la veille de son voyage dans la capitale malienne, où il participe ce jeudi, aux côtés de quatre Chefs d'Etats de la sous-région, pour sauver Ibrahim Boubacar KEÏTA, le Président du Ghana, Ado Akuffo Nana, a reçu un message de la Maison Blanche, via un émissaire américain, pour dissuader Alassane Ouattara de briguer un 3ème mandat. Selon nos informations, avant le départ sur Bamako, le Président ghanéen, a eu une rencontre avec un émissaire américain mardi 21 juillet.

En effet, ergotent des sources, une frange des cadres avec à sa tête le directeur exécutif du RHDP Adama Bictogo, qui en réalité, n'exécute que le plan concocté par son mentor, Alassane Ouattara, appelle sans cesse cadres et militants à s'aligner pour investir Ouattara comme candidat, au mépris de l'article 183 qui rend cette candidature inconstitutionnelle.

Par ailleurs, mardi 21 Juillet 2020, Confidentiel Afrique a appris, qu'au siège de l'Assemblée nationale de 16 heures à 21 heures s'est tenue une réunion du Groupe parlementaire RHDP. Selon des indiscrétions, cette réunion s'est avérée très houleuse.

Deux grands blocs se sont affrontés au sein de l'hémicycle. On lisait la peur,la nervosité et la panique sur les différents visages. De nombreuses invectives ont été entendues ici et là.

Un groupe parlementaire souvent hétérogène a vu émerger deux blocs. L'un composé des faucons, la plupart des caciques de l'ex-parti sous assistance respiratoire, le RDR, et l'autre bloc, composé des transfuges des partis mouvements alliés et d'autres modérés.

Le premier bloc a estimé que la Candidature du président sortant Alassane Ouattara, nonobstant le fait que ce dernier était en fin de mandat, demeurait la seule et unique alternative pour la conservation du Pouvoir dans 3 mois. En dehors d'elle, ni Hamed Bakayoko, l'actuel ministre de La Défense, encore moins Patrick Achi, secrétaire général à la présidence, ne peuvent conduire la mouvance présidentielle à la victoire finale.

Ce bloc argue même si la candidature du president Ouattara est anti Constitutionnelle, les députés de cette frange de cadres, eux estiment que c'est le meilleur schéma pour s'en sortir. « Si Ouattara n'est pas Candidat, c'est nous tous qui iront en prison ou à l'exil. Le RHDP disparaîtra au lendemain de notre défaite.

Face à cette grosse pagaille qui déchire le parti au pouvoir et ce vide constitutionnel, Alassane Ouattara va-t-il violé la constitution, au profit de son seul et unique intérêt ?

Plus de: Confidentiel Afrique

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.